Joué-les-Tours: le procureur réaffirme la légitime défense des policiers

politique Le procureur de la République  a réaffirmé que les policiers qui avaient Bertrand Nzohabonayo avaient agi en état de légitime défense...

J.M. avec AFP

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La police recueille des indices sur les lieux de l'agression des policiers à Joué-les-Tours, le 20 décembre 2014
La police recueille des indices sur les lieux de l'agression des policiers à Joué-les-Tours, le 20 décembre 2014 — Guillaume Souvant AFP

«Couper court aux rumeurs». Telle était l'intention du procureur de la République de Tours Jean-Luc Beck qui a réaffirmé mercredi que les policiers qui avaient tué le 20 décembre Bertrand Nzohabonayo au commissariat de Joué-lès-Tours avaient agi en état de légitime défense alors qu'il les agressait à l'aide d'un couteau.

«En l'état, les témoins policiers et le civil (présent lors des faits) disent la même chose, à savoir que l'agression (des policiers par Bertrand Nzohabonayo) a été immédiate», a déclaré M. Beck, qui a en outre précisé que tous les faits s'étaient déroulés «à l'intérieur du sas» d'entrée du commissariat.

Cette déclaration est censée mettre fin aux spéculations autour de la mort de Bertrand Nzohabonayo, puisque récemment la version de la police avait été contredite par plusieurs témoins.

Le procureur «prêt à enquêter sur tout élément» nouveau

Le procureur a aussi indiqué que Bertrand Nzohabonayo s'était rendu spontanément seul à l'entrée du commissariat dont il a secoué la porte avant qu'un adjoint de sécurité ne vienne lui ouvrir et le fasse pénétrer dans le sas d'entrée, et qu'il ne faisait l'objet d'aucune procédure ou convocation au moment des faits.

Il en a profité pour appeler tous les témoins qui ne l'avaient pas encore fait à se manifester rapidement auprès des services de police. «Je suis prêt à enquêter sur tout élément qu'on voudrait porter à ma connaissance et qui irait à l'encontre de ce que je vous ai dit jusqu'à présent», a-t-il souligné.

«Je mettrai tout en œuvre pour que cette enquête soit le plus rigoureusement et sereinement possible menée», a-t-il ajouté. «Il est extrêmement désagréable d'avoir des témoignages directs non fondés qui circulent alors qu'il s'agit d'une affaire grave».

« D'autres éléments qui contredisent » la version officielle ?

L'avocat de la famille de Bertrand Nzohabonayo, Me Jérémie Assous, qui s'est exprimé à Tours devant la presse immédiatement après le procureur, a néanmoins estimé que les précisions apportées ne levaient pas les doutes sur ce qui s'est vraiment passé.

«Comment expliquer que depuis dix jours des personnes témoins des faits, qui ont des explications extrêmement importantes, n'aient toujours pas été entendues», s'est-il interrogé. «Aujourd'hui d'après le point presse (du procureur) les seuls éléments qui ont été recueillis vont dans le sens de la version officielle».

Or «il existe d'autres éléments qui contredisent» cette version, a-t-il réaffirmé, appelant comme le procureur les personnes ayant des éléments à apporter sur le déroulement des faits à se manifester auprès des services de police judiciaire.