VIDEO. Vœux présidentiels: Nos conseils à François Hollande

REVEILLON Comment ne pas rater l'allocution télévisée du 31 décembre...

Maud Pierron

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Capture d'écran de France 2 de François Hollange le 31 décembre 2013 à l'Elysée
Capture d'écran de France 2 de François Hollange le 31 décembre 2013 à l'Elysée — - France 2

Pour la troisième fois, François Hollande se plie à l’exercice des vœux aux Français. Cette année, il a décidé d’innover un peu en s’exprimant depuis son bureau plutôt que des jardins de l’Elysée ou de la salle des fêtes du Palais. Comment le Président peut-il utiliser au mieux ce passage obligé au terme d'une année noire? Quels impairs éviter? 20 Minutes a interrogé deux spécialistes qui livrent leurs conseils à François Hollande.

>> A quoi servent les vœux présidentiels?

Faire court

«Faire court autant que possible», lance d’emblée le politologue Thomas Guénolé*. «Tant qu’il n’a pas d’annonces positives sur le chômage, le niveau de prélèvement ou le pouvoir d’achat, tout ce qu’il dira, même s’il se contente de donner l’heure, sera ressenti négativement», assure-t-il. En clair, autant limiter les dégâts et les occasions de faire râler ses «chers concitoyens».

Surtout, pas de polémique, pas de politique mais du classique...

Les vœux font partie du «rituel républicain», ce n’est pas le moment de soulever ou de revenir sur des polémiques. Il faut rester dans le registre classique. «S’il pouvait se limiter à souhaiter la santé, le succès, et à avoir une pensée pour les personnes en difficulté, ce serait très bien», ajoute Thomas Guénolé. Toutefois, nuance Philippe Moreau-Chevrolet, président de l'agence de communication politique MCBG Conseils, si François Hollande pouvait (enfin?) «donner un cap, une vision de ce qu’il veut faire, c’est le moment ou jamais», puisque les Français, au Réveillon, se projettent positivement dans l’avenir. «Mais synthétiquement»,insiste-t-il.

Ni d’annonce

Pas la peine de vouloir faire le Père Noël pour finir l’année sur une bonne note, même avec une annonce concrète et réelle. «Faire des annonces serait déplacé en termes de tempo, personne ne les retiendrait», juge Philippe Moreau-Chevrolet. Même jugement du côté de Thomas Guénolé qui rappelle les «annonces téméraires» comme «l’inversion de la courbe du chômage». «La dernière bêtise à faire serait de dire autre chose que bonne année, bonne santé», insiste-t-il.

Stop à l’optimisme béat, bienvenue à l’empathie

Thomas Guénolé conseille au chef de l’Etat d’arrêter le type de formule telle que «la reprise est là» ou «la crise est derrière nous», des phrases sans fondements et qui ne sont surtout pas constatées par les Français. «Cet optimisme béat est ressenti comme de la méthode Coué. Il pousse les électeurs de son camp à s’abstenir et provoque une sur-motivation du camp adverse», juge le politologue. «Il faut qu’il fasse preuve d’empathie avec les Français en reconnaissant la difficulté de la crise et donc en cessant cet optimisme décalé avec la réalité», explique Philippe Moreau-Chevrolet. Pour le communiquant, François Hollande «doit être proche des préoccupations des Français, en abandonnant notamment son langage d’énarque tel que "la boîte à outils" du pacte de responsabilité».

En finir avec les gadgets de communication... ou pas

Là, nos deux experts divergent. «Se mettre dans son bureau pour montrer qu’on est au travail ou prendre un chien, un labrador, pour espérer que ça va faire bouger son image, ce sont vraiment des gadgets de communication bidons», tance Thomas Guénolé. «Parier sur l’impact d’une mise en scène de soi pour compenser l’échec de ses résultats, c’est du déni de réalité», insiste-t-il. En revanche, Philippe Moreau-Chevrolet juge que tout cela participe d’une stratégie bien vue de «présidentialisation» et même de «mitterrandisation». «Il est cette année dans son bureau, sous les ors de l’Elysée, pour montrer que, c’est lui le Président alors qu’il avait toujours refusé les apparats avec la présidence normale», explique Philippe Moreau-Chevrolet, notant que c’est justement un trait d’image, la stature présidentielle, où François Hollande pêche dans les enquêtes d'opinion. Ainsi, se hisser sur «le piédestal présidentiel» peut lui permettre «par ses mots, par son approche, plus proche des Français».

*: Auteur de Le mensonge en politique, éditions First