2014: Les 5 raisons d'une nouvelle année noire pour François Hollande

ANNUS HORRIBILIS Chômage, vie privée, impopularité... Le chef de l'Etat n'a pas été épargné lors des douze derniers mois...

Thibaut Le Gal

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François Hollande sur l'île de Sein, le 25 août 2014.
François Hollande sur l'île de Sein, le 25 août 2014. — FRED TANNEAU

2014, annus horribilis. «L’année 2013 a été intense et difficile […] Parce que la crise s’est révélée plus longue, plus profonde que nous l’avions nous-mêmes prévu», reconnaissait en janvier dernier François Hollande lors de ses vœux aux Français. Le chef de l’Etat espérait repartir sur des bases nouvelles. Mais l’année suivante n’aura été, hélas!, qu’une pâle copie de la précédente. 20 Minutes vous donne 5 raisons qui ont fait de 2014, une nouvelle année noire pour le président de la République.

Chômage plombant

Comme un boulet, le chef de l’Etat aura traîné les mauvais chiffres du chômage tout au long de l’année. Depuis l'élection de François Hollande, Pôle emploi a vu affluer plus d'un demi-million de chômeurs supplémentaires. Au troisième trimestre, le chômage atteignait 9,9% (+0,2 point) de la population active en métropole et 10,4% (+0,3 point) avec l'outre-mer. A plusieurs reprises, le Président a estimé qu’il serait difficile de se représenter en cas d’échec. «Si je n'y parviens pas à la fin de mon mandat vous pensez que j'irai devant les Français? Les Français seraient implacables et ils auraient raison.»

Déroutes électorales

Une gifle. Les élections municipales de mars dernier ont marqué une sanction de la gauche au pouvoir, permettant à la droite et au Front national de progresser. 155 villes de plus de 9.000 habitants ont été perdues par les socialistes. «J'ai entendu votre message parce qu'il est clair. Pas assez de changements et donc trop de lenteur […] je le reçois personnellement et je dois y répondre.» François Hollande nomme alors Manuel Valls à Matignon pour former un «gouvernement de combat». Deux mois plus tard, nouveau revers. Le PS réalise son plus mauvais score lors des élections européennes (13,98%). Le parti de Marine Le Pen est en tête (24.96%).

Entourage à scandales

Gardez-moi de mes amis… François Hollande a vu en 2014 quatre de ses ministres et proches prendre la porte. En mars, Yamina Benguigui, ministre déléguée à la Francophonie, est soupçonnée d'avoir menti sur sa déclaration de patrimoine. Un mois plus tard, Aquilino Morelle, conseiller politique du chef de l’Etat, est contraint à la démission après sa mise en cause dans une affaire de conflit d’intérêts. Pour sa «phobie administrative», Thomas Thévenoud est débarqué de son poste de secrétaire d'Etat au Commerce extérieur. Plus récemment, Kader Arif, secrétaire d'Etat aux Ancien combattants, est soupçonné de favoritisme, et Faouzi Lamdaoui, conseiller pour les questions d'égalité et de diversité, est lui poursuivi pour «abus de biens sociaux».

A cœur ouvert

Merci pour ce moment. Dans son best-seller traduit en douze langues, Valérie Trierweiler éparpille son ex-compagnon, façon puzzle. De tous les épisodes racontés par l’ancienne première dame, c’est probablement celui des «sans-dents», qui aura le plus égratigné l’image du chef de l’Etat. Par ailleurs, la liaison du Président avec l’actrice Julie Gayet s’est étalée dans la presse people. En décembre, cinq membres du «service privé» du Président sont mutés après la publication de photos volées.

Record d‘impopularité

Jamais, dans l’histoire de la Ve République, un Président n’avait été aussi impopulaire. En septembre, François Hollande touche le fond. Seuls 13% des Français soutiennent encore son action. Les plans de communication pour une reconquête font un flop, sa cote de popularité peine à remonter. Pire, 73% des sympathisants de gauche ne veulent pas que François Hollande se représente en 2017. Thierry Mandon, secrétaire d’Etat à la Réforme de l’État, demande l'organisation d'une primaire à gauche. Le débat n’est plus tabou.