François Hollande loue l’immigration face à ceux qui rêvent d’une «France en petit»

POLITIQUE Le président de la République a tenu son premier discours sur l’immigration depuis le début de son quinquennat…

Anne-Laëtitia Béraud
— 
François Hollande lors de l'inauguration du musée de l'immigration, à Paris, le 15 décembre 2014.
François Hollande lors de l'inauguration du musée de l'immigration, à Paris, le 15 décembre 2014. — AFP PHOTO POOL YOAN VALAT

«Il faut que la société française puisse être représentée avec toutes les couleurs de la France», a affirmé François Hollande, lors de son premier discours sur l’immigration. Le chef de l’Etat inaugurait lundi soir le musée de l'histoire de l'immigration, à Paris, sept ans après son ouverture.

>> Revivre le discours, en live, de François Hollande sur l'immigration

Un thème, l’immigration, qui enfièvre régulièrement les débats. Sans nommer l’extrême droite, le chef de l'État a appelé à ne pas laisser «la place vide pour des discours qui instrumentalisent la peur de la dissolution, de la dislocation, de la disparition» de ceux «qui rêvent d'une France en petit, une France en dépit, une France en repli».

Ferme sur les accords de circulation en Europe

A propos de l’islam, François Hollande a critiqué «la peur sciemment installée d'une religion, l'islam, qui, d'une façon inacceptable, est présentée par certains comme incompatible avec la République». Et a appelé à «répondre» face aux «vents mauvais qui soufflent de plus en plus, en France mais aussi en Europe».

Revenant sur la politique européenne de circulation, remise en cause par Nicolas Sarkozy ou Marine Le Pen, François Hollande s’est montré ferme sur Schengen: «Faire éclater Schengen? Ce serait reculer, rétablir les frontières pays par pays», a-t-il affirmé. Avant d’ajouter que «Schengen, c'est justement ce qui a permis à tous les pays d'Europe de s'organiser pour contrôler l'immigration».

«Prendre ses responsabilités» sur le droit de vote accordé aux étrangers

«Favorable» au droit de vote des étrangers non-communautaires aux élections locales, François Hollande a appelé les «forces républicaines» à «prendre leurs responsabilités» pour aboutir à un accord. «Rien ne peut se faire sans une révision de la Constitution, ce qui suppose une majorité des trois cinquièmes» au Parlement, a-t-il souligné. Mais ce qui était l'une de ses promesses de campagne en 2012 devrait rester lettre morte, puisque François Hollande ne dispose pas de majorité sur ce dossier.

>> Sondage: 60% des Français ne veulent pas voir les étrangers voter

Le président de la République a enfin évoqué les «chibanis», ces travailleurs maghrébins devenus retraités immigrés en France. «La loi vieillissement ouvrira la naturalisation à tous les étrangers âgés de plus de 65 ans qui ont vécu plus de 25 ans en France avec au moins un enfant français», a promis le chef de l’Etat. Un geste attendu par les associations depuis des années.

Un discours qui n'a absolument pas convaincu Brice Hortefeux, ancien ministre (UMP) de l'Intérieur et de l'Immigration sous Nicolas Sarkozy. Dans un communiqué, le député européen estime que ce «discours convenu ne changera strictement rien à la faiblesse de la politique du gouvernement (...) Ce sont près de 300 000 nouveaux migrants qui s’installent annuellement sur notre territoire alors que chacun sait que nous n’en avons ni les besoins ni les capacités». Toujours à l'UMP, le député et président du conseil général des Alpes-Maritimes Eric Ciotti s'insurge: 

 

Au FN, le vice-président du parti Florian Philippot a préféré l'ironie: 

 

Au Parti socialiste, le porte-parole Olivier Faure s'est félicité sur Radio Orient de ce discours sur l'immigration. Avant de critiquer l'ancien président Nicolas Sarkozy: