Pourquoi Sarkozy refuse le débat

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Après la proposition de François Bayrou d’organiser un débat entre «principaux candidats» avant le premier tour, Ségolène Royal et Jean-Marie Le Pen ont immédiatement relevé le gant. Nicolas Sarkozy a décliné la proposition. Luc Chatel, porte-parole de l’UMP, explique pourquoi.

Pourquoi avez-vous refusé ce débat?
Nous faisons le raisonnement suivant. Nous sommes dans un pays où il existe des règles. Elles sont contrôlées par le CSA, et elles prévoient une égalité parfaite. Là, nous avons des candidats qui rivalisent d’ingéniosité pour contourner ces règles. Ces mêmes candidats ont d’ailleurs tenté d’empêcher les petits candidats d’obtenir leurs 500 signatures. Quelque part, faire un débat à quatre, cela revient à  présélectionner des «finalistes». Je trouve choquant que trois candidats disent: «on va débattre, mais seulement à quatre sur douze.» C’est insultant pour les huit autres.

Vous n’avez pas peur d’avoir le mauvais rôle, celui du camp qui refuse le débat?
Nicolas Sarkozy est sans doute celui qui a le plus débattu ces cinq dernières années. Il l’a fait avec tout le monde. Je m’amuse de constater qu’après lui avoir reproché d’être trop présent à la télévision, les mêmes essayent de l’attirer dans un débat sur l’Internet. Nicolas Sarkozy ne refuse pas le débat, s’il est parmi les deux candidats au second tour, il acceptera bien sûr de débattre. Si on veut faire un débat avant le premier tour, il faut faire un débat à douze. Mais c’est matériellement impossible à organiser. On peut réfléchir à l’organisation future des élections, on peut imaginer de nouvelles règles, mais pour l’instant, il faut respecter celles qui existent.

Mais justement, il n’y a pas de règles sur Internet…
Oui, mais, est-ce vraiment le lieu? Je suis élu d’un département rural, et le taux de pénétration de l’Internet est beaucoup plus faible que celui de la télévision.