Martine Aubry s'oppose à l'élargissement du travail dominical, «une régression» d'après elle

POLITIQUE Qu'elle s'engage à combattre...

M.P. avec AFP

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La maire socialiste de Lille Martine Aubry lors d'une conférence de presse le 8 septembre 2014 à Lille
La maire socialiste de Lille Martine Aubry lors d'une conférence de presse le 8 septembre 2014 à Lille — Philippe Huguen AFP

Et hop, encore une incursion dans le débat national pour Martine Aubry. La maire de Lille a violemment critiqué ce mercredi l'élargissement du travail dominical prévu par la loi Macron, une «régression» qu'elle s'engage à combattre. 

Dans une tribune publiée mercredi sur LeMonde.fr, l'ex-numéro un du PS écrit: «Ce n'est pas une réforme subalterne, c'est un moment de vérité autour de la seule question qui vaille: dans quelle société voulons-nous vivre?»

Déjà 5 millions de Français qui travaillent le dimanche

«Veut-on faire de la consommation - encore plus qu'aujourd'hui - l'alpha et l'oméga de notre société? La gauche n'a-t-elle désormais à proposer comme organisation de la vie que la promenade du dimanche au centre commercial et l'accumulation de biens de grande consommation?», demande l'ex-ministre du Travail.

«Le dimanche doit être un temps réservé pour soi et pour les autres», estime Mme Aubry, qui note que «d'ores et déjà, 5 millions de Français travaillent habituellement le dimanche, et 3 millions occasionnellement».

Une plus grande libéralisation? «Le commerce est affaire de revenu disponible. Celui-ci étant limité, l'élargissement des jours d'ouverture procédera à une simple réaffectation des achats dans la semaine», selon elle.

L'argument du volontariat balayé

«Les zones de tourisme international font seules exception, et méritent une approche particulière, car elles peuvent apporter du pouvoir d'achat supplémentaire, et donc créer des emplois», juge-t-elle encore.

La dirigeante PS prévoit que «les petits commerçants, si importants pour le dynamisme de nos centres-villes comme de nos quartiers», seront «nombreux à ne pas résister», de sorte que «des dizaines de milliers d'emplois seront détruits».

Elle écarte l'argument du volontariat «mis en avant, pour récuser toute régression sociale», car «en période de chômage de masse, on ne refuse pas de travailler aux horaires que demande l'employeur».