Les 35 heures ont été efficaces contre le chômage

ECONOMIE Et parmi les mesures les moins coûteuses, selon une députée PS...

M.P. avec AFP

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Lille, le 9 décembre 2013. illustration sur l'hyperconnectivité au bureau.
Lille, le 9 décembre 2013. illustration sur l'hyperconnectivité au bureau. — M. LIBERT / 20 MINUTES

Villipendées par la droite depuis des années, remise en question par le gouvernement, les 35 heures ont trouvé leur avocat. Elles ont été «efficaces» contre le chômage et «moins coûteuses» que les autres politiques de l'emploi, a estimé mardi la députée socialiste Barbara Romagnan, auteur d'un rapport sur le sujet, qui plaide pour de nouvelles mesures de réduction du temps de travail.

Son rapport, qui conclut les travaux de la commission d'enquête sur «l'impact de la réduction progressive du temps de travail», a été approuvé à la mi-journée par 12 voix contre 4, a-t-elle indiqué. Il sera rendu public la semaine prochaine.

Une mesure peu coûteuse

«Entre 1997 et 2002, on a connu la période pendant laquelle le chômage a le plus baissé», de 10,8% à 7,8%, souligne la rapporteur , interrogée par l'AFP. «Pendant ces cinq années, insiste-t-elle, il y a eu 2 millions de créations d'emploi. C'est la période où le nombre d'emplois par point de croissance est la plus forte de toute l'histoire.»

Ces bons chiffres coïncidaient avec une période de croissance que la France n'a plus connue depuis. Mais «on ne peut pas attribuer ces bons chiffres à la seule croissance », estime Barbara Romagnan, qui cite un chiffrage de l'Insee évaluant à 350.000 les créations d'emploi liées aux 35 heures.

Selon Barbara Romagnan, les 35 heures ont été la «moins coûteuse» des politiques en faveur de l'emploi: «2,5 milliards d'euros pour l'administration et 2 milliards d'euros pour les entreprises, soit 12.800 euros par emploi créé».

Des «oubliés»

«Moins cher que les exonérations de cotisations sociales sans conditions», souligne la députée socialiste «frondeuse».

Par ailleurs, la mesure a également « avorisé l'égalité hommes-femmes», estime-elle, «en permettant aux pères de jeunes enfants de leur consacrer plus de temps» et «en freinant la progression du temps partiel, qui touche surtout les femmes».

La députée concède toutefois que «certains salariés n'ont pas bénéficié des 35 heures ». Parmi les «oubliés» des 35 heures: les «salariés des entreprises de moins de 20 salariés», les «cadres au forfait-jours», ou encore les «employés des hôpitaux». Parmi eux, beaucoup ont vu leurs conditions de travail «s'intensifier».