Avant, Lionel Jospin ne voulait pas être nommé au Conseil constitutionnel

POLÉMIQUE Il a accepté de remplacer Jacques Barrot, décédé brutalement le 3 décembre...

M.B. avec AFP

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Lionel Jospin le 13 mai 2014 à Tourcoing
Lionel Jospin le 13 mai 2014 à Tourcoing — Philippe Huguen AFP

Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis. Un proverbe que Lionel Jospin vient de faire sien.

L'ex-Premier ministre socialiste a accepté de succéder à Jacques Barrot, décédé brutalement le 3 décembre, au Conseil constitutionnel, sur proposition du président de l'Assemblée nationale, a-t-on indiqué ce mardi dans l'entourage de Claude Bartolone, confirmant une information du Monde.

Or, le 8 mai 2012, interrogé sur France Inter pour savoir si un tel poste parmi les Sages de la rue Montpensier pouvait l'intéresser, Lionel Jospin répondait que s'arrêter sur cette hypothèse, même «quelques secondes», c'est «quelques secondes de trop». Ajoutant alors ne pas se situer «du tout dans des perspectives de ce type».

Une «grande personnalité politique» qui a du mal à prendre sa retraite

Malgré tout, à droite comme à gauche, l'arrivée de Lionel Jospin au Conseil constitutionnel est saluée. De Prague où il effectue une visite, le Premier ministre Manuel Valls, qui fut un collaborateur de Lionel Jospin à Matignon, s'est réjoui de l'arrivée au Haut conseil de cette «grande personnalité politique». A l'UDI et à l'UMP, visiblement, on ne déplore pas ce choix.

Agé de 77 ans, Lionel Jospin a dirigé pendant cinq années Matignon (1997-2002) avant d'être éliminé au premier tour de la présidentielle. Un échec qui l'avait amené à annoncer son retrait de la vie politique. Mais pas complètement. En 2006, un an avant la présidentielle de 2007, il a soufflé le chaud et le froid sur son éventuelle candidature.

Ancien député, ancien Premier secrétaire du PS, ancien ministre, cet énarque frotté d'Histoire (il vient de publier Le Mal napoléonien) s'était vu confier dès juillet 2012 par le président François Hollande, fraîchement élu, la direction d'une commission sur la rénovation de la vie publique.