Béziers: Cinq controverses médiatiques de Robert Ménard

POLEMIQUES Interdictions municipales, soutiens à Eric Zemmour et Renaud Camus, crèche à la mairie...  

T.L.G.

— 

Robert Ménard, maire de Béziers
Robert Ménard, maire de Béziers — AFP PHOTO / SYLVAIN THOMAS

Robert Ménard se nourrit de polémiques. Le maire de Béziers, soutenu par le Front National, a décidé de conserver la crèche de Noël installée dans sa mairie, faisant fi de l'avis du préfet l'enjoignant «à reconsidérer son projet». L’ancien patron de Reporter Sans Frontières n’en est pas à son coup d’essai. «Je me contrefous du consensus. Je m'inquiéterais si on disait que je suis consensuel. Je suis là pour faire une révolution». Révolution qui s’entrechoque parfois avec les principes républicains. Depuis son élection en mars dernier, ses décisions créent la controverse. Petit pot-pourri.

Crèche dans la mairie

C’est la polémique de Noël. Robert Ménard a installé une crèche dans sa mairie. Dès la fin octobre, le conseiller municipal Aimé Couquet (FG) avait adressé une lettre pour prévenir le préfet de l'Hérault, face à ce qui lui «semblait contrevenir aux dispositions constitutionnelles et législatives garantissant le principe de laïcité». Malgré l'injonction du préfet, l’intéressé a décidé de maintenir son projet. «J'ai placé cette crèche dans le cadre de l'ensemble de la politique culturelle de la ville des fêtes de fin d'année», se défend Robert Ménard.

L’hommage aux fusillés de l’OAS

En juillet dernier, le maire de Béziers s’incline devant une stèle de sa ville glorifiant l'OAS (Organisation armée secrète, qui a combattu clandestinement contre l’indépendance de l’Algérie). L’opposition dénonce «une provocation». «Ce qui nous pose problème c'est le fait de s'incliner devant ces photographies de tueurs de l'OAS qui ont été jugés et fusillés dans le cadre des lois de la République», explique alors Aimé Couquet au Nouvel Obs. «Ça n'est pas une stèle en l'honneur de l'OAS, mais de fusillés comme il y en a tant eu, avec un certain nombre de noms qui figurent sur cette plaque», répond Robert Ménard.

Eric Zemmour, Soral et Dieudonné?

Robert Ménard a lancé en octobre un cycle de conférence pour fermer «le robinet d’eau gluante [sic] de trente années de pensée unique sur les questions d’identité, d’économie, de culture ou de social». Premier invité, Eric Zemmour, venu exposer les thèses de son Suicide français. Dans la ville, la publicité faite au polémiste ne plaît pas à tous les habitants.

 

 

Le 9 décembre prochain, Philippe de Villiers sera invité. Dieudonné, et Alain Soral seront-ils bientôt conviés? «Je ne sais pas, on va dire que ce n'est pas ma priorité aujourd'hui», répond le maire à Metronews.

Pas de linge au balcon

La mairie a pris quelques arrêtés médiatiques depuis huits mois. En mai, elle interdit d'étendre le linge aux balcons et fenêtres des immeubles visibles des voies publiques, sauf entre 22h et 6h. Autres annonces, la mise en place d’un couvre-feu entre 23h et 6h pour les mineurs de moins de 13 ans dans l'hyper-centre et dans le quartier populaire de la Devèze ou l'arrêté visant à interdire les crachats sur la voie publique, pourtant déjà prévu par la loi.

La commande à Renaud Camus

Robert Ménard a confié la rédaction d’un livre sur Béziers, destiné à être offert aux visiteurs de la ville, à Renaud Camus. L’écrivain d’extrême droite est l’auteur de la théorie du «grand remplacement» (les Français «de souche» seraient «remplacés» par des populations issues de l'immigration en provenance d'Afrique et du Maghreb). «C’est un grand écrivain», s’est défendu le maire. Renaud Camus a été condamné le 20 avril 2014 pour «provocation à la haine religieuse et à la violence».