Pénalités de Sarkozy: L'ex-trésorière de l'UMP Catherine Vautrin mise en examen pour abus de confiance

JUSTICE Cette décision n'est pas une surprise...

M.P. avec AFP

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Catherine Vautrin, le 8 juillet 2013, au siège de l'UMP.
Catherine Vautrin, le 8 juillet 2013, au siège de l'UMP. — L. BONAVENTURE / AFP

Catherine Vautrin, l'ex-trésorière de l'UMP, a été mise en examen pour «abus de confiance» ce jeudi dans l'affaire des pénalités de Nicolas Sarkozy payées par l'UMP. Cette décision n'est pas une surprise puisque la députée de Champagne-Ardennes était convoquée au pôle financier ce jeudi.

Le parquet de Paris avait ouvert le 2 juillet dernier une information judiciaire sur le paiement par l'UMP de cette pénalité de quelque 400.000 euros infligée au candidat Nicolas Sarkozy après l'invalidation des comptes de campagne présidentielle de 2012. En effet, le parquet soupçonne un éventuel «abus de confiance» au préjudice du parti qui a réglé la note à la place de l'ex-chef de l'Etat.

Selon une source proche du dossier, Catherine Vautrin a notamment ordonné à l'automne 2013 deux virements, de quelque 363.000 euros et de 153.000 euros, correspondant au dépassement du plafond de campagne et au remboursement du forfait accordé à chaque candidat.

Sereine

«Certaine de n'avoir commis aucun acte délictueux ni préjudiciable à quiconque, Catherine Vautrin est sereine et exercera l'ensemble de ses droits pour voir confirmer son innocence», a réagi auprès de l'AFP son avocat, selon qui les magistrats instructeurs ont écarté «expressément toute interrogation sur sa probité personnelle».

« Le 8 juillet 2013, le bureau politique de l'UMP a décidé d'organiser une collecte, le "Sarkothon", afin de permettre à l'UMP et à Nicolas Sarkozy de faire face aux conséquences financières des décisions du 19 décembre 2012 et du 4 juillet 2013» invalidant les comptes du candidat-président, a rappelé Me Christophe Ingrain.

«Conformément au statut de l'UMP, le bureau politique avait donné mandat à Mme Catherine Vautrin de veiller en qualité de trésorière nationale à l'exécution de cette décision: remboursement de l'emprunt d'un montant de 10,563 millions d'euros et versement au Trésor public des deux sommes de 153.000 et de 363.615 euros», a-t-il détaillé.

Sarkozy a fait un chèque

Dans ce dossier, une autre cadre de l'UMP, Fabienne Liadzé, ancienne directrice des ressources du parti, a été placée sous le statut de témoin assisté, intermédiaire entre simple témoin et mis en examen.

Cette affaire risque bien d'empoisonner Nicolas Sarkozy, tout juste réélu à la tête de l'UMP. C'est pourquoi l'un de ses premiers actes concrets depuis son élection a été de faire un chèque à l'UMP pour «mettre la formation politique qu'(il) préside à l'abri de toutes contestations», écrit-il dans une lettre adressée à Jacques Laisne, l'actuel trésorier du parti.