L’«apéro» proposé par Manuel Valls provoque la colère de certains socialistes

GAUCHE Certains parlementaires n'apprécient pas la liste des invités...

Nicolas Beunaiche

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Le Premier ministre Manuel Valls, le 26 novembre 2014 à l'Assemblée nationale, à Paris
Le Premier ministre Manuel Valls, le 26 novembre 2014 à l'Assemblée nationale, à Paris — Patrick Kovarik AFP

Il n’y aura ni saucisson, ni vin rouge. Mais l’«apéro» organisé par Manuel Valls avec des parlementaires socialistes mercredi soir n’échappe pas pour autant à la polémique.

Dans les locaux de la questure de l’Assemblée nationale, 80 députés et sénateurs PS ont rendez-vous dans la soirée avec le Premier ministre pour un pot amical. Ils auraient même pu être 300, révèle Le Monde [article payant], selon lequel le député de l'Essonne Carlos Da Silva et le sénateur du Val-de-Marne Luc Carvounas, deux proches de Manuel Valls, ont invité chacun 150 personnes triées sur le volet.

«Des allures de réunion de tribu»

Où est la polémique? Dans cette liste des invités, justement. En plus des proches du Premier ministre (Jean-Jacques Urvoas, Christophe Borgel, Christophe Caresche...), seront de la «party» quelques amis de François Hollande, de Laurent Fabius, de Ségolène Royal et de Lionel Jospin, ainsi qu’Emeric Bréhier, le lieutenant de Pierre Moscovici, selon Le Parisien. En un mot, des réformistes. En deux, des sociaux-démocrates.

Pas un frondeur à l’horizon. Les anciens ministres Benoît Hamon et Aurélie Filippetti, de même que les aubrystes, n’ont pas été conviés. «Ça a quand même des allures de réunion de tribu autour du Premier ministre», se plaint au Parisien Christian Paul, député frondeur de la Nièvre. «Si c'est une réunion de courant, est-ce bien le rôle du Premier ministre de s'occuper de ça en ce moment? Si c'est une rencontre de la majorité, pourquoi tout le monde n'est pas présent?» déplore pour sa part Guillaume Garot, député de la Mayenne et proche de Ségolène Royal, sur la liste des recalés, toujours au Parisien.   

Officiellement, le pot a été organisé «à la demande» des parlementaires, explique Matignon au Monde. Mais cette petite réunion semble toutefois être plus qu’une simple tentative de team building. Alors que se profile le congrès du PS en juin, Manuel Valls entend «ne pas se faire distancer dans la préparation», indique un député au Parisien. Son objectif est aussi de montrer sa force et sa capacité à rassembler alors que son propre camp l’accuse parfois de diviser les rangs. Preuve que le Premier ministre se trouve dans une phase offensive, il interviendra d’ailleurs dimanche dans le 20 heures de France 2.