VIDEO. UMP: Le comité des anciens Premiers ministres sans Alain Juppé ni François Fillon?

DROITE Les anciens locataires de Matignon ne semblent pas enclins à accepter l’invitation de Nicolas Sarkozy...

N.Beu.

— 

François Fillon et Alain Juppé le 10 août 2011, à l'Elysée.
François Fillon et Alain Juppé le 10 août 2011, à l'Elysée. — MARTIN BUREAU / AFP

Nicolas Sarkozy va-t-il se retrouver en tête-à-tête avec Dominique de Villepin dans son comité des anciens Premiers ministres? Alors que l’annonce de la création de ce nouvel organe politique au sein de l’UMP ne date que de dimanche soir, Alain Juppé et François Fillon ont déjà exposé leur réticence à y participer.

Sur le plateau de TF1, dimanche soir, Nicolas Sarkozy avait évoqué «un comité des anciens Premiers ministres de notre famille politique qui m'aideront, de leurs conseils, de leur expérience, dans la conduite de cette famille politique». «Dominique de Villepin a accepté d'en faire partie», précisait-il. Sans détailler si les autres anciens locataires umpistes de Matignon encore en activité (Edouard Balladur, Alain Juppé, Jean-Pierre Raffarin et François Fillon) en avaient eux aussi accepté le principe.

Raffarin non plus

Il semblerait que non, en tout cas pour les plus en vue d’entre eux. Les candidats à la primaire en vue de la présidentielle voient en effet dans la proposition de l'ex-chef de l'Etat un piège. Pour Fillon, cela semble même être un non pur et simple, même s'il n'est pas officiel. «François Fillon ne demande pas de traitement particulier» en tant qu'ancien Premier ministre, «le bureau politique [l'instance dirigeante du parti] fonctionne, il n'est pas nécessaire de créer une nouvelle instance. Il n'y participera donc pas», a affirmé à l'AFP un proche de l'ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy. Ce dernier «nous présente un comité des vieux sages pour en faire le comité des vieux cons», estime un autre proche de Fillon, cité par RTL. «[Fillon] se réserve pour le comité des anciens présidents», ironise un autre filloniste, interrogé par Europe 1

Pour Alain Juppé, les choses semblent plus compliquées. D'après son entourage, l'ancien Premier ministre de Jacques Chirac partage les craintes du clan filloniste sur le rôle diminué du bureau politique. «Il n'y a qu'une instance légitime, a ainsi expliqué un conseiller du maire de Bordeaux auprès de RTL. C'est le bureau politique. Et les ex-Premiers ministres en sont membres de droit.» Mais Alain Juppé n'a pas pour autant dit non à l'invitation. «Nicolas Sarkozy a appelé ce matin [lundi] Alain Juppé pour demander à le rencontrer, a indiqué Gilles Boyer, bras droit d'Alain Juppé. Ils se verront cette semaine.» Selon Boyer, le nouveau président de l'UMP devra «expliquer à M. Juppé ce qu'il compte faire avec le bureau politique statutaire du parti», sorte de «gouvernement» de l'UMP, dont tout ou partie de la cinquantaine de membres se réunit tous les mardis soirs. «Si le comité des ex-Premiers ministres proposé par Sarkozy est une instance consultative qui s'ajoute au BP, alors d'accord» pour y participer, mais «il n'est pas question qu'il s'y substitue», a mis en garde Boyer.

Une bataille de com"

Pour sa part, Jean-Pierre Raffarin ne semble pas très enclin non plus à rejoindre Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin dans ce comité spécial. «Le bureau politique, rien que le bureau politique», insiste son entourage, cité par Europe 1. Les deux hommes doivent déjeuner ensemble à midi. Silence radio, enfin, du côté d’Edouard Balladur, l’ancien mentor de Nicolas Sarkozy. Selon l'AFP, qui cite des sources à l'UMP, l'ex-rival de Jacques Chirac serait prêt à y participer, mais il n'a pas encore pris la parole.

En attendant, les proches de Nicolas Sarkozy jouent la carte du rassemblement. «Je ne vois pas comment Alain Juppé ou François Fillon, qui a été Premier ministre de Nicolas Sarkozy pendant cinq ans, pourraient refuser d’œuvrer au redressement de toute la famille», estime par exemple l’un d’entre eux. En attendant le combat des chefs en 2016, la bataille de com' semble, elle, avoir déjà commencé.