Election du président de l'UMP: Bruno Le Maire, et maintenant?

ANALYSE En obtenant un tiers des suffrages des adhérents UMP samedi soir, le député de l’Eure obtient sa place parmi ceux qui comptent à l’UMP…

Anne-Laëtitia Béraud

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Bruno Le Maire, le 29 novembre 2014 à Paris.
Bruno Le Maire, le 29 novembre 2014 à Paris. — ZIHNIOGLU KAMIL/SIPA

Bruno Le Maire est-il devenu le Poulidor de sa famille politique? Samedi soir, l’ancien ministre de l’Agriculture a perdu l’élection à la présidence de l’UMP, face à Nicolas Sarkozy. Mais en obtenant près d’un tiers des voix, il s’est imposé comme une nouvelle voix qui compte à l’UMP.

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Quasiment inconnu du grand public en 2012, le député de l’Eure a fait du chemin en deux ans. Pour cette élection, il a réuni sur son nom 59 parlementaires, 12.000 parrains, et 29,18% des suffrages exprimés. Un score obtenu en maillant le territoire et en organisant ses soutiens au fil des 95 meetings effectués. Samedi soir, la petite victoire donne des ailes à celui qui veut incarner «le renouveau». Devant ses soutiens, le quadra leur promet, comme à ses adversaires: «Le renouveau est un engagement qui ne fait que commencer».

Entre volonté et principe de réalité

Désormais, à l’ex-candidat de battre le fer tant qu'il est chaud. «Il est lancé, il ne lâchera rien, ni à personne», affirme l’un de ses soutiens dimanche. Formule sybilline indiquant qu’il faudra désormais compter avec cet homme… et pourquoi pas lors de la «primaire ouverte» de 2016. Cette élection, qui désignera le candidat de la droite à la présidentielle 2017, rassemblera Alain Juppé, François Fillon et Xavier Bertrand. Nathalie Kosciusko-Morizet n’écarte pas l’idée d’être candidate. Et Nicolas Sarkozy possède une ambition qui dépasse le cadre de simple président de parti.

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S’il a la volonté de se lancer à la primaire, la marche pourrait cependant être trop haute. Plusieurs députés qui ont soutenu Bruno Le Maire lors de cette campagne ont d’autres loyautés pour 2016. Ainsi, le député-maire du Havre, Edouard Philippe, a choisi son camp: ce sera Alain Juppé.