Stéphane Le Foll estime qu'il y a un «problème Gattaz»

POLITIQUE Le porte-parole du gouvernement a évoqué un problème avec le président du Medef…

A.Ch. avec AFP
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Le ministre français de l'Agriculture Stéphane Le Foll quitte le palais de l'Elysée à Paris le 20 novembre 2014
Le ministre français de l'Agriculture Stéphane Le Foll quitte le palais de l'Elysée à Paris le 20 novembre 2014 — Bertrand Guay AFP

Le porte-parole du gouvernement et ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll a évoqué dimanche un «problème Gattaz», fustigeant les propos du patron du Medef Pierre Gattaz, qui avait appelé la France à lever l'obligation de justifier un licenciement. «Je pense qu'il y a un problème Gattaz. Lorsqu'il avait dit qu'il fallait supprimer l'article de l'OIT sur les raisons objectives de licenciement, oui, il y a un problème Gattaz. Parce que si cette règle devait s'appliquer, ça serait à lui, franchement», a réagi Stéphane Le Foll, interrogé sur France 5 dans l'émission C Politique.

La mobilisation des patrons «incompréhensible»

Le président du Medef Pierre Gattaz a récemment suggéré que la France sorte de la convention 158 de l'Organisation internationale du travail (OIT) qui oblige à justifier un licenciement, afin de lever la crainte de l'embauche chez les chefs d'entreprises. Stéphane Le Foll a également estimé que la mobilisation des patrons, à partir de lundi, a «quelque chose d'incompréhensible». Il explique ce mécontentement par le fait que «pendant des années, rien n'a été fait, et que comme d'autres, chez les patrons, il y a des gens qui considèrent qu'il faut tout tout de suite. (...) Mais quand est-ce qu'on va pouvoir, en France, autour d'une table, considérer que les choses doivent changer, que les choses doivent évoluer, mais qu'on ne peut pas avoir tout et tout de suite?»

«Et en même temps, ces patrons qui vous disent qu'il faut faire 100-150 milliards d'euros d'économies, ils vous disent de les faire où ? Le jour où il faudra baisser encore de manière drastique, et le nombre de fonctionnaires, et la dépense publique, c'est le BTP qui viendra dire "mais on n'a plus de quoi investir"», a-t-il ajouté. Le porte-parole du gouvernement a affirmé que la loi Macron, qui vise à «déverrouiller l'économie française», «va créer de l'emploi et de l'activité», et affirmé que sur ces sujets, il faut trouver (...) les équilibres nécessaires entre la préservation d'un modèle social français et la nécessité qu'on a de se réformer pour que notre pays aille mieux, se redresse».