Présidence de l'UMP: «Etre le gentil garçon de service, c’est fini», assure Hervé Mariton

INFO «20 MINUTES» Le député de la Drôme souhaite faire vivre l'espoir qu’a suscité sa candidature…

Propos recueillis par Anne-Laëtitia Béraud

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Hervé Mariton, candidat à la présidence de l'UMP, lors d'un meeting de l'association Sens commun, le 15 novembre 2014 à Paris
Hervé Mariton, candidat à la présidence de l'UMP, lors d'un meeting de l'association Sens commun, le 15 novembre 2014 à Paris — Dominique Faget AFP

Arrivé derrière Nicolas Sarkozy et Bruno Le Maire à l’élection pour la présidence de l’UMP, Hervé Mariton a obtenu 6,32% des suffrages. Le député de la Drôme, qui se définit comme «libéral» sur le plan économique et «conservateur» sur les questions de sociétés, entend faire vivre ses idées au sein de sa famille politique. Interview avec 20 Minutes sur son score et ses projets…

Comment analysez-vous votre score à l’élection du nouveau président de l’UMP?

J’ai obtenu un score intéressant. Quelque 10.000 voix obtenues, cela pèse. Ces votes se sont rassemblés sur mon nom, et non contre quelqu’un. Par ailleurs, la campagne des autres candidats a brassé beaucoup d’argent, contrairement à la mienne. Cette histoire d’argent est un vrai sujet, car l’extrême disproportion des moyens engagés a joué en ma défaveur. Mais je suis allé bien au-delà de la portion réduite à laquelle on me cantonnait, à savoir 1%.

Que dire des scores de Nicolas Sarkozy (64,5%) et de Bruno Le Maire (29,18%)?

Je rappelle qu’aucun des trois candidats n’a obtenu ce qu’il attendait: Nicolas Sarkozy n’a pas eu de score ample, Bruno Le Maire n’a pas obtenu de second tour, je n’ai pas fait 10%... C’est la vie. Je pense en outre qu’il y a eu un vote utile en faveur de Bruno Le Maire. Un vote anti-Sarkozy.

>>Lire: Après l'élection du président de l'UMP, le top départ de la «primaire ouverte» est lancé

Que désirez-vous désormais?

Je souhaite honorer la confiance qui m’a été accordée, faire vivre cette espérance politique. Je ne suis pas sur un créneau marginal, je ne me réduis pas à la seule question du mariage pour tous [Hervé Mariton est un fervent opposant au mariage homosexuel, et est soutenu par la Manif pour tous]. Dès demain, je vais m’exprimer sur les questions économiques, un de mes domaines de compétences reconnu par tous.

Comment allez-vous faire vivre vos idées?

Je le ferai tant à l’Assemblée que dans les médias. En tout cas, je ne veux plus être le gentil garçon de service. C’est fini. Il y a des tensions, et je le dirai. Je vais faire vivre mes idées en rencontrant mes soutiens, en effectuant des visites dans les départements que je n’ai pas pu visiter durant la campagne. Je serai par exemple dans la Nièvre pour une galette des rois. Et des galettes, je vais en manger l’année prochaine! Tant mieux, j’adore ça (rires).

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Soutiendrez-vous un candidat lors de la «primaire ouverte» de 2016?

Je ne pense pas qu’il faille se précipiter sur cette élection, alors que celle pour la présidence de l’UMP vient de se terminer. Néanmoins, je souhaite peser dans la vie de cette primaire. Ma candidature n’est pas à l’ordre du jour. Et je ne soutiens personne à ce stade. Ce que je souhaite en priorité, c’est que l’on n’oublie pas les problèmes survenus durant cette élection. Il y a eu de graves insuffisances concernant le financement de cette campagne, le rôle et la neutralité des salariés de l’UMP, le système informatique défaillant…

Souhaiteriez-vous un poste dans la nouvelle organisation politique de Nicolas Sarkozy?

Je ne demande rien. Ma priorité est de tracer un chemin. Je n’ai aucune envie d’entrer dans un chemin de hiérarchie. Je suis un homme libre dans une maison commune.