UMP: Après l’élection du président, le top départ de la primaire

ANALYSE Elu président de l’UMP avec 64,5% des voix, Nicolas Sarkozy va devoir composer avec la concurrence à droite d'ici 2017…

Anne-Laëtitia Béraud

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Nicolas Sarkozy, le 29 novembre 2014 à Paris.
Nicolas Sarkozy, le 29 novembre 2014 à Paris. — CHINE NOUVELLE/SIPA

Une compétition en chasse une autre à l’UMP. Sitôt l’élection à la présidence du parti terminée, celle de la «primaire ouverte» de 2016, qui désignera le candidat de la droite à la présidentielle 2017, est relancée.

Un match où Nicolas Sarkozy, qui vise plus haut que la présidence de l’UMP, fait face à de nombreux adversaires. Sur la ligne de départ, figurent les candidats déclarés à cette primaire Alain Juppé, François Fillon et Xavier Bertrand. Sans oublier les hypothèses Nathalie Kosciusko-Morizet et Bruno Le Maire. Des rivaux ragaillardis par le score jugé décevant de l’ex-président samedi soir: avec 64,5% des suffrages, contre 85% en 2004 lors de sa première élection à l’UMP, Nicolas Sarkozy n’a pas réussi a écraser la concurrence.

Adversaires prêts à en découdre 

Grand rival de Nicolas Sarkozy, Alain Juppé l'a félicité samedi soir. Puis il a précisé: «Je ne vais pas m'endormir (...) Je suis prêt à aider [Nicolas Sarkozy] dans la ligne que j’ai indiquée, un large rassemblement de la droite et du centre.» Un sujet qui divise les deux hommes, et est à l’origine des sifflets visant Alain Juppé lors d’un meeting de Nicolas Sarkozy, le 22 novembre à Bordeaux. Car si Nicolas Sarkozy est préféré des adhérents UMP, Alain Juppé a les faveurs des Français à droite selon plusieurs sondages. Le maire de Bordeaux réclame donc une primaire large, rassemblant au moins trois millions de votants, ce qui le favoriserait.

>> Revivez le live de la soirée électorale à l'UMP, samedi soir

Bien moins chaleureux samedi soir, François Fillon a affirmé qu’il ne se soumettrait pas au président élu de l’UMP. Dans un communiqué, l’ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy a félicité le nouveau patron de l’UMP, sans le nommer. Avant de prévenir: «Je prends acte du choix des adhérents et j’invite au respect de toutes les opinions exprimées lors de cette élection». «L’union n’est pas soumission. Un grand parti moderne accepte la différence», ajoute-t-il. Quant à Xavier Bertrand, il n’a même pas félicité le vainqueur. L’ex-ministre a «salué le score élevé de Bruno Le Maire, qui confirme la demande de renouveau de nos militants».

La primaire sera organisée, à moins que...

Un «renouveau» sur lequel veut prospérer Bruno Le Maire. Candidat battu samedi soir, il est sorti grandi de cette élection interne. Peu connu du grand public en 2012, le député de l’Eure a réuni deux ans plus tard 59 parlementaires, 12.000 parrains à l’UMP, et près de 30% des suffrages. Le quadra se projette déjà. «Le renouveau est un engagement qui ne fait que commencer», a-t-il promis devant ses soutiens, samedi soir à Paris. 

A la charge désormais du président élu de l'UMP de tenir sa promesse d’une primaire en 2016. A moins que Nicolas Sarkozy ne change les statuts du parti et ne supprime cette élection, comme le craignent ses détracteurs...