Conférence environnementale: Santé, transport, climat au menu

POLITIQUE Les participants échangeront sur 159 propositions concernant les pesticides, les véhicules polluants, la défense de la biodiversité...

20 Minutes avec AFP

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French Ecology, Sustainable Development and Energy Minister Segolene Royal leaves after the weekly cabinet meeting at the Elysee presidential palace in Paris on November 26, 2014. AFP PHOTO/ ALAIN JOCARD
French Ecology, Sustainable Development and Energy Minister Segolene Royal leaves after the weekly cabinet meeting at the Elysee presidential palace in Paris on November 26, 2014. AFP PHOTO/ ALAIN JOCARD — AFP

Santé, transports, climat: la 3e conférence environnementale qui s'ouvre jeudi s'attaque à des dossiers épineux, les écologistes exigeant des engagements forts de François Hollande après un automne marqué par le drame de Sivens et le recul sur l'écotaxe.

>> Conférence environnementale: Comment Hollande veut se verdir

Une feuille de route verte pour 2015

A 10h, syndicats, patronat, ONG, élus et ministres se retrouveront à l'Elysée, pour cette réunion de deux jours qui est censée fixer la feuille de route verte du gouvernement pour 2015. «Les trois grands chantiers discutés vont permettre des avancées significatives, c'est ma volonté», a promis, devant la presse, la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal, qui lancera la réunion avant l'allocution du chef de l'Etat.

Un an avant la tenue à Paris de la conférence visant un accord mondial sur le climat, il s'agit pour le président de mobiliser. Son discours devrait esquisser un bilan à mi-mandat, évoquer la transition énergétique et ses moyens. Après la mort en octobre d'un jeune opposant au barrage de Sivens, il devrait s'exprimer aussi sur le «dialogue environnemental», a dit Ségolène Royal.

«Cette année, nous espérons que la parole de la société civile sera plus écoutée que d'habitude», souligne Benoît Hartmann, porte-parole de France Nature Environnement (FNE), le réseau associatif auquel appartenait le militant tué lors d'affrontements avec des forces de l'ordre. Les membres de FNE arboreront un badge avec une renoncule, fleur que défendait leur jeune adhérent.

«Nous sommes extrêmement circonspects, car bien échaudés», ajoute Benoît Hartmann, rappelant la suspension de l'écotaxe poids lourds qui devait contribuer à financer les infrastructures de transport. Depuis l'annonce de ce retrait début octobre par Ségolène Royal, FNE ainsi que le Réseau Action Climat ont quitté les réunions de travail «transport et mobilité durables» préparatoires à la conférence environnementale, une table ronde qu'ils continueront de boycotter à la conférence jeudi et vendredi. Cette semaine, le gouvernement a rouvert une porte sur l'écotaxe, François Hollande proposant une «expérimentation» du dispositif en Alsace-Lorraine.

Les pesticides et véhicules polluants dans le viseur

Après le discours de François Hollande, les participants - plusieurs centaines - se retrouveront pour plancher dans le huis clos de leurs trois tables rondes sur des documents de travail amendés jusqu'au dernier moment. Ils formulent 159 propositions d'importance variable, attendant l'arbitrage final du gouvernement. Sur les transports: encourager le covoiturage, ou stimuler l'innovation («faire du développement de véhicules propres un axe structurant de la politique industrielle de la France»).

Le document de travail pose aussi que l'Etat concevra «en 2015 un système d'identification des véhicules en fonction de leurs émissions polluantes» (pour permettre par exemple de créer des zones d'accès restreint en centre-ville, comme il en existe déjà dans 200 agglomérations en Europe). Sur la santé et l'environnement: une «campagne d'information grand public sur les impacts connus» des pesticides. Il sera aussi question d'envisager la généralisation de la vente des médicaments à l'unité, sur la base d'un rapport remis au Parlement au plus tard en 2017, afin d'en réduire les résidus dans la nature.