Conférence environnementale: Comment Hollande veut «se verdir»

POLITIQUE Le chef de l'Etat aimerait voir cette année 2015 s'achever en apothéose, par un accord sur le climat à la réunion de Paris en décembre prochain...

Maud Pierron

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François Hollande et Tony Abbott, le Premier ministre australien, plantent un arbre à Canberra, en mémoire des soldats australiens tombés en Europe.
François Hollande et Tony Abbott, le Premier ministre australien, plantent un arbre à Canberra, en mémoire des soldats australiens tombés en Europe. — A. JOCARD / AFP

La troisième conférence environnementale du quinquennat Hollande s’ouvre ce jeudi, pour la première fois à l’Elysée. Tout un symbole, alors que le chef de l’Etat a décidé de verdir la seconde partie de son quinquennat qu’il veut axer autour de la transition énergétique.

Car si l’Elysée réfute le terme de «conversion» écologique, François Hollande met désormais en scène son coming out écolo, laissant de côté son logiciel productiviste. Il n'y a presque plus un discours sans parler du climat ou citer le fameux discours de Jacques Chirac à Johannesburg en 2002, «la maison brûle et nous regardons ailleurs». «Ce n’est pas qu’une sympathie corrézienne, c’est sincère, assure l’écologiste Jean-Vincent Placé, qui parle régulièrement avec le chef de l’Etat. Moi je ne suis pas né écologique, je le suis devenu. Hollande, comme beaucoup de Français, n’est pas né écologiste. Il le devient, il faut s’en féliciter».

«Le chemin de Sydney» de Hollande

Ce sont visiblement les différents rapports des experts du GIEC qui ont marqué le chef de l’Etat. Lui-même convient qu’il n’aurait pas tenu le même discours il y a deux ou trois ans. Ses différents déplacements, ses contacts au plus haut niveau avec d’autres chefs d’Etat ont nourri sa réflexion. «Sa tournée en Océanie, c’est son chemin de Damas. Là-bas, de Sydney à la Nouvelle-Calédonie, toutes les problématiques du réchauffement climatique sont réunies», explique Jean-Vincent Placé.

Pour marquer le coup, François Hollande veut faire de 2015 «une année verte» avec, en apothéose, la réunion de Paris sur le climat en 2015 à laquelle il compte bien arracher un accord. «C’est son choix que Paris accueille cette réunion alors que beaucoup le lui avaient déconseillé car obtenir un accord sera très compliqué», met-on en valeur dans l’entourage du Président.

«Il y a l'amour et les preuves d'amour»

Et des déplacements thématiques sur des sites majeurs vont être organisés dans les prochains mois, comme un «fil vert» à ce nouvel engagement du chef de l’Etat qui arrive, paradoxalement, à un moment où les liens avec les écologistes sont les plus distendus, rafraîchis par les polémiques autour de l’affaire Rémi Fraisse. «Loin des yeux, près du cœur», plaisante Jean-Vincent Placé qui regrette toutefois la sortie du gouvernement de son parti, tandis que l’Elysée se rassure en notant que le groupe écolo a voté le texte sur la transition énergétique de Ségolène Royal.

La personnalité de la ministre de l’Ecologie et son poids politique seraient aussi un atout pour le «verdissement» de la deuxième partie de quinquennat, même si son texte est flou sur le financement de la transition énergétique et la baisse de la part du nucléaire. Car en la matière, notent plusieurs écologistes, il y a «l’amour et surtout des preuves d’amour» et pour l'instant, le compte n'y est pas. Mais à l’Elysée comme du côté de Ségolène Royal, la volonté politique est forte de réussir ce rendez-vous qui doit être «le point de départ de la mobilisation de la France pour Paris Climat 2015» sur lequel Hollande mise pour se relancer.