Présidence de l’UMP: Nicolas Sarkozy demande à l'islam «ce qu'il peut faire pour la République»

REPORTAGE Candidat à la présidence de l'UMP, Nicolas Sarkozy a tenu son dernier meeting francilien avant le vote des militants, le 29 novembre…

Anne-Laëtitia Béraud
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Nicolas Sarkozy en meeting à Boulogne-Billancourt le 25 novembre 2014.
Nicolas Sarkozy en meeting à Boulogne-Billancourt le 25 novembre 2014. — MARTIN BUREAU / AFP

Nicolas Sarkozy parmi les siens. A quatre jours du vote des adhérents de l’UMP pour élire le successeur de Jean-François Copé, Nicolas Sarkozy tient ce mardi soir un meeting dans l’un de ses fiefs, à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine). «Un département qui m’a tout donné», loue-t-il devant ses soutiens, parmi lesquels ses fils Jean et Louis, assis au premier rang.

Dernier candidat déclaré à la présidence de l’UMP face à Hervé Mariton et Bruno Le Maire, Nicolas Sarkozy est rompu à l’exercice en cette fin de campagne. Tel un maître de cérémonie, il sait chauffer son public. Et lancer, quelques minutes après le début de son intervention: «Je ne suis pas là pour être l’élu du système médiatique, l’élu des commentateurs». Le propos populiste est reçu 5 sur 5 par les centaines de militants qui applaudissent à tout rompre. Avant d’expliquer sa sortie, goguenard, par «la passion, le cœur» car «dans le public, il y a Carla».

L'affaire des sifflets de Bordeaux

Revenant brièvement sur les sifflets qui ont visé samedi Alain Juppé lors de son meeting à Bordeaux, Nicolas Sarkozy devient ambigu: s’il n’aime pas les sifflets, il ne sera pas «celui qui fera taire les adhérents de l’union. Car ici c’est la famille de la liberté». Pas vraiment une phrase qui apaisera les dissensions avec celui qui apparaît comme le rival le plus sérieux dans la course à la présidentielle 2017. Pourtant, Nicolas Sarkozy assure ne pas vouloir «de bagarre dans [s]a famille politique», soulignant avoir «besoin d’Alain Juppé, de François Fillon» pour la suite de l’aventure du principal parti de droite.

Comme lors de ses précédents meetings, Nicolas Sarkozy parle peu de l’UMP, de sa future organisation. Rien sur l’abandon du nom du parti, «UMP», ou sur les relations avec le centre. Nicolas Sarkozy multiplie plutôt les commentaires sur l’immigration, rappelle sa volonté de sortir des règles communautaires de déplacements (Schengen). «Je ne crois plus à la possibilité de réformer le système (…). Il faut changer le système. Il faut sortir de Schengen (…) avant d’établir un deuxième Schengen.» Avant d’embrayer sur l’islam. «Ne vous demandez pas ce que la République peut faire pour l’islam, mais ce que l’islam peut faire pour la République (…) La république est en droit de demander une habilitation à certains [imams qui tiennent des propos extrémistes]».

Des militants FN en embuscade

Volontiers badin, se décrivant «hyperactif», Nicolas Sarkozy est chez lui, dans le cœur des militants qui scandent et applaudissent «Nicolas». Devant ses proches, Patrick Balkany, NKM, ou encore Eric Woerth. Et pourtant… même à Boulogne-Billancourt, tous ne sont pas acquis à l'ancien Président. Peu avant le meeting, une dizaine de militants FN tractent aux portes du gymnase où se tient la grand-messe sarkozyste. Des tracts promptement arrachés des mains par la sécurité.