Sarkozy tape sur l’Europe

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Pour la première fois dans la campagne électorale, les deux principaux candidats Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal se sont affrontés directement mercredi, en termes durs, sur le thème de la sécurité après les incidents à la gare du Nord.
Pour la première fois dans la campagne électorale, les deux principaux candidats Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal se sont affrontés directement mercredi, en termes durs, sur le thème de la sécurité après les incidents à la gare du Nord. — Jack Guez AFP

En meeting à Lille mercredi soir, Nicolas Sarkozy a enfilé des habits anti-européens et anti-mondialisation pour séduire le public nordiste. Pendant trois-quarts d’heure, le candidat UMP à l’élection présidentielle n’a cessé de fustiger la «pensée unique» de la mondialisation.

L’euro aux premières loges

Revenant sur la baisse du pouvoir d’achat subie par les travailleurs «qui n’arrivent plus à se loger», l’ancien ministre de l’Economie a directement désigné la monnaie unique: «On a le droit de dire la vérité, qui est que l’euro a conduit à une hausse des prix beaucoup trop importante.» Avant d’enfoncer le clou en réclamant une politique monétaire «dirigée par les ministres des Finances et non par les marchés financiers […] pour faire avec l’euro ce que les américains font avec le dollar et les Japonais avec le yen.»

Pour tout le monde

Puis c’était le tour de ces pays européens «assez riches pour baisser leurs impôts jusqu’à zéro tout en demandant à profiter des subventions européennes [une attaque dirigée contre l’Irlande, ndlr]». Mais ce soir-là il y en avait décidément pour le monde entier. Flattant pêle-mêle ouvriers, patrons, paysans et même viticulteurs, Nicolas Sarkozy est revenu plusieurs fois sur «ces pays qui ne respectent pas les règles que nous imposons à nos entreprises. Ces pays, qui exploitent leurs millions d’ouvriers, ne protègent pas leurs enfants, ne respectent pas l’environnement… C’est une concurrence déloyale pour nos entreprises.» Succès assuré dans l’assistance.

Arcelor, Alstom, Alcatel et ompagnie

Justement, les entreprises. «Alcatel dont on voulait fermer les usines», «Arcelor que l’on a bradé en pensant que la sidérurgie n’avait pas d’avenir [Nicolas Sarkozy était au gouvernement lors de la fusion Arcelor-Mittal, ndlr]», «Alstom, auquel une entreprise publique comme la SNCF a préféré un constructeur canadien». Avec chaque exemple, le candidat récolte une acclamation. La solution à tous ces maux gagne à l’applaudimètre et servira trois fois: «Si je suis élu président, je fermerai nos frontières aux pays qui ferment leurs marchés à nos entreprises.»

Olivier Aballain