Demande de suppression de l'ISF: Macron dénonce une «provocation» de Gattaz

IMPOTS Le ministre de l'Economie effectuait une visite à Londres...

20 Minutes avec AFP
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Le ministre de français de l'Economie Emmanuel Macron lors de la 7e conférence annuelle des entrepreneurs à Paris le 17
Le ministre de français de l'Economie Emmanuel Macron lors de la 7e conférence annuelle des entrepreneurs à Paris le 17 — ERIC PIERMONT AFP

Le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, a qualifié lundi à Londres de «provocation» l'appel du président du Medef, Pierre Gattaz, à supprimer l'impôt sur la fortune (ISF).

«Lorsqu'on est responsable syndical ou responsable politique, on est avant tout responsable, (...) on ne peut pas dire à n'importe quelle seconde de la journée tout ce qu'on pense. En l'espèce, pour ce qui relève de Pierre Gattaz, ce n'est pas la première fois qu'il a cette lubie», a déclaré Emmanuel Macron devant la presse française à Londres où il effectue une visite. «C'est de la provocation», a-t-il conclu.

Gattaz a appelé à supprimer l'ISF

«Notre travail, c'est de réformer le pays. Pour ce qui est de la fiscalité, il y a un pacte de responsabilité et de solidarité (...), il sera exécuté, nous avons eu plusieurs fois l'occasion de le dire (...), mais ça ne sert à rien d'en rajouter chaque semaine, c'est de la provocation», a-t-il conclu.

Plus tôt lundi, Pierre Gattaz a appelé à supprimer l'ISF, qui distingue selon lui la France des autres pays et freine la croissance des entreprises dans l'Hexagone. «Le rôle de Pierre Gattaz, en tant que responsable du Medef, c'est d'accomplir sa part du pacte de responsabilité. Il ne l'a pas fait aujourd'hui», a fustigé Emmanuel Macron à ce sujet.

«Sa part du pacte de responsabilité, c'est d'avoir des dialogues de branche»

«Sa part du pacte de responsabilité, c'est d'avoir des dialogues de branche, c'est d'avoir un vrai dialogue social, c'est d'avoir des négociations sur les apprentis, c'est d'avoir des vrais négociations branche par branche. Ce que je constate, c'est que ça n'est pas le cas», a déploré le ministre français. Il a estimé que les efforts des responsables politiques, syndicaux et patronaux devraient plutôt «être aujourd'hui orientés dans l'amélioration de la situation de l'économie française».

Emmanuel Macron a en outre rappelé à l'intention de Pierre Gattaz une intervention à ce propos l'an passé du PDG du géant pétrolier Total, Christophe de Margerie, aujourd'hui décédé. Il «avait eu l'occasion de dire que ce n'était sans doute pas une bonne idée de faire des propositions qu'on savait inatteignables au moment où on les faisait», a souligné le ministre de l'Economie.