Boris Vallaud à l’Elysée: «Avec lui, pas de risque de dérive à la Aquilino Morelle!»

PORTRAIT Peu connu du grand public, Boris Vallaud est le nouveau secrétaire général adjoint de l'Elysée...

Anissa Boumediene

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Najat Vallaud-Belkacem et son époux Boris  à Hontanx (Landes) le 6 août 2014.
Najat Vallaud-Belkacem et son époux Boris à Hontanx (Landes) le 6 août 2014. — G. COLLET/SIPA

Sa nomination était dans les tuyaux depuis une quinzaine de jours. C’est désormais officiel: à 38 ans, Boris Vallaud est le nouveau secrétaire général de l’Elysée. De lui, on sait peu de choses, si ce n’est qu’il est le mari et père des jumeaux de la très médiatique numéro trois du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem. Côté carrière, l’énarque a longtemps été le bras droit d’Arnaud Montebourg, dont il était directeur de cabinet au ministère du Redressement productif jusqu’à ce qu’il soit débarqué du gouvernement fin août. 20 Minutes dresse le portrait du dernier arrivé dans la garde rapprochée de François Hollande.

Le collègue rêvé

Ceux qui ont travaillé avec lui sont unanimes, Boris Vallaud est le collègue rêvé. «Vous ne trouverez personne pour vous dire du mal de lui, c’est quelqu’un qui soutient ses collaborateurs», confie David Lebon, ex-chef de cabinet au ministère du Redressement productif. «Il ne s’énervait jamais et était toujours agréable. Pourtant, l’atmosphère dans un cabinet ministériel peut vite être tendue», se souvient Mathieu Plane, économiste à l’OFCE et ancien conseiller économique de Montebourg à Bercy. «La porte de son bureau était toujours ouverte, il était toujours à l’écoute des autres», se rappelle-t-il.

Discret sur sa vie privée, «mais pas secret», Boris Vallaud a laissé un très bon souvenir à ses anciens collègues. «C’est facile d’être ami avec lui. Boris est quelqu’un de très drôle, qui n’est jamais avare d’une bonne blague, il devrait bien s’entendre avec François Hollande», estime David Lebon. «Il préférera toujours tenter de dénouer les tensions avec humour. D’ailleurs, comme le président, il n’aime pas le conflit. Ils ont beaucoup de choses en commun», poursuit-il.

Un homme d’Etat

Travailler pour de grandes entreprises privées contre une rémunération astronomique, ce n’est pas le style de la maison. Depuis sa sortie de l’ENA en 2004, Boris Vallaud a mené une brillante carrière de haut fonctionnaire. «C’est un homme d’Etat, d’une grande intégrité. Il était le "dir’ cab’" le moins bien payé du gouvernement. C’est l’un des seuls à ne pas avoir réclamé l’augmentation de salaire de 15% à laquelle il avait le droit de prétendre. Avec lui, pas de risque de dérive à la Aquilino Morelle», assure David Lebon.

Mais au-delà de ses qualités humaines, ses compétences sont également louées par ses collaborateurs. «C’est quelqu’un qui a une vraie force de travail, toujours là très tôt le matin jusque très tard le soir», confie Mathieu Plane. «Et il sait encadrer une équipe, il maîtrise parfaitement cet environnement politique et administratif», explique-t-il.

«Il est très direct, il visualise bien les choses. Il a le profil type de l’énarque qualifié: expert sur beaucoup de domaines, c’est un très gros bosseur», renchérit David Lebon, «le président aura de la chance d’avoir un collaborateur comme lui, quelqu’un de simple et qui est bien ancré dans la réalité».