UMP: Fonctionnement, finances, mariage gay, immigration… Les propositions des candidats

ELECTIONS «20 Minutes» vous résume les positions des candidats à la présidence de l’UMP -Nicolas Sarkozy, Bruno Le Maire et Hervé Mariton- sur quatre dossiers phares de cette campagne interne…

Anne-Laëtitia Béraud

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Les candidats à la présidence de l'UMP: Nicolas Sarkozy, Bruno Le Maire et Hervé Mariton.
Les candidats à la présidence de l'UMP: Nicolas Sarkozy, Bruno Le Maire et Hervé Mariton. — Sipa

A la fin, il n’en restera qu’un. A 12 jours de l’élection du président de l’UMP, 20 Minutes détaille les positions des trois candidats sur quatre dossiers de cette campagne interne. Quelles sont les idées de Nicolas Sarkozy, Bruno Le Maire et Hervé Mariton sur le fonctionnement de l’UMP, ses finances, l'immigration, le mariage et l’adoption par les homosexuels? Suivez le guide ci-dessous…

  • Fonctionnement de l’UMP

    Le siège de l'UMP, à Paris - Kenzo Tribouillard AFP

     

Hervé Mariton souhaite être un «président de parti à 100%», impliqué dans la gestion quotidienne d’un parti ouvert à ses adhérents. Il propose le raccourcissement des délais pour obtenir sa carte à l’UMP et souhaite faire voter les adhérents sur le programmme du parti et les investitures aux élections. Quant à la primaire pour la présidentielle 2017, Hervé Mariton affirme n'être pas candidat.

Nicolas Sarkozy souhaite «tout rénover du sol au plafond» à l’UMP, comme il l’a rappelé à Paris le 7 novembre. Il propose d’abandonner le nom «UMP» pour créer un parti rajeuni -sans chapelles ni écuries présidentielles- regroupant la droite et le centre. Nicolas Sarkozy souhaite mettre en place une double organisation à l’UMP: le président édicte la ligne stratégique du parti et la gestion quotidienne de l'organisation est assurée par un secrétaire général. Le vote des adhérents «doit être la voie naturelle pour trancher [les] débats et cimenter [l']unité», notamment sur le programme et les investitures. Nicolas Sarkozy souhaite enfin mettre en place une primaire en vue de la présidentielle de 2017.

Bruno Le Maire souhaite être «un président de parti disponible». Il veut mettre en place une organisation resserrée de l’UMP, qui accorde une plus grande place aux femmes et aux jeunes. Le député de l’Eure souhaite aussi raccourcir les délais pour les cartes d’adhérents, et laisser plus d’autonomie aux fédérations locales. Il propose la refondation de la Commission nationale d’investiture du parti, et souhaite que les militants votent sur les investitures. L’élu tient au nom «UMP» et refuse de la fusionner avec l’UDI. L’élu affirme enfin garantir une primaire ouverte à droite et au centre pour l’élection présidentielle de 2017.

  • Finances de l’UMP

    Illustration d'euros - Philippe Huguen AFP
     

Endettée à hauteur de 74 millions d’euros, touchée par l’affaire Bygmalion, l'UMP est dans une situation délicate. Six personnes ont été mises en examen, dont un proche de Nicolas Sarkozy, Éric Cesari.

Bruno Le Maire a rappelé le 12 novembre sur LCP qu’il souhaite mettre en place une «transparence financière totale» sur les comptes de l’UMP et sur l’affaire Bygmalion, avec un audit détaillé des comptes chaque année. Le candidat propose de réduire le train de vie du parti. Dans une lettre adressée aux responsables de l’UMP et publiée fin juillet par Atlantico, Bruno Le Maire plaide pour la mise en place «pour toutes les dépenses de plus de 20.000 euros [d’une] véritable commission d’appel d’offres».

Hervé Mariton souhaite une «transparence complète» sur les comptes de l’UMP et confier la trésorerie du parti à une équipe de quatre personnes. Il souhaite faire voter systématiquement le Conseil National de l’UMP sur le budget et le rapport financier de l’UMP et rendre publique la liste des collaborateurs rémunérés de l’UMP. Il propose enfin d’affecter les cotisations des militants aux fédérations et les dotations publiques pour le siège de l’UMP. 

Peu disert sur la question, Nicolas Sarkozy a annoncé le 14 novembre à Saint-Etienne qu’il ferait élire autour du futur trésorier du parti «une commission de dix militants pour vérifier les comptes du parti» (Dans la vidéo, à partir de 1'01'00). Quant à Bygmalion, l’ancien président a affirmé qu’il n’a entendu parler de cette société qu’après sa campagne présidentielle.

  • Mariage pour tous, adoption par les couples homosexuels, GPA et PMA

    Manifestation organisée le 8 décembre 2012 à Bordeaux par un collectif à l'initiative de la LGP (La Gay Pride). - N. PASTOR/SIPA
     

Le sujet fait réagir depuis l’intervention de Nicolas Sarkozy, samedi, devant «Sens Commun», une association UMP anti-loi Taubira: Les trois candidats à la présidence de l’UMP sont contre la procréation médicalement assistée (PMA) pour les couples homosexuels et la gestation pour autrui (GPA), deux pratiques interdites en France. Ils s’opposent également aux jurisprudences de la Cour européenne des droits de l'Homme et de la Cour de cassation qui reconnaissent de facto des PMA et des GPA pratiquées à l’étranger.

Nicolas Sarkozy, samedi, a souhaité «l’abrogation» de la loi Taubira. Il se dit néanmoins favorable à une union entre homosexuels. Le candidat ne s’est pas prononcé sur l’adoption par des couples homosexuels. Bruno Le Maire ne souhaite pas l’abrogation du mariage entre homosexuels. S’il est favorable à l’adoption simple, il est contre l’adoption plénière par les couples homosexuels, ce qui suppose une réécriture de la loi Taubira. Hervé Mariton souhaite l’abrogation de la loi Taubira qui permet le mariage homosexuel. Il est par contre favorable à une union civile homosexuelle. Le candidat est contre l’adoption par les couples homosexuels.

  • Immigration

    Illustration d'une foule à Nantes, le 18/12/2010 - © F. ELSNER
     

Hervé Mariton ne s’oppose pas aux accords de Schengen. Le candidat souhaite une «immigration choisie», limiter le droit d’asile et le regroupement familial. Alors que Nicolas Sarkozy et Bruno Le Maire souhaitent conserver le droit du sol, en vigueur en France, Hervé Mariton propose de passer au droit du sang «comme principe directeur de la nationalité française, tout en permettant des naturalisations pour les étrangers bien intégrés», écrit-il sur son site.

«L’immigration [est] un sujet majeur car cela menace notre façon de vivre», a déclaré Nicolas Sarkozy en meeting à Nice, le 21 octobre. A Paris le 7 novembre, l’ancien président, favorable à «l’assimilation», a expliqué que «pour devenir un citoyen français, il faut adopter le mode de vie français, accepter les règles républicaines et épouser la langue et la culture françaises». A propos des règles européennes concernant l’immigration, le candidat souhaite réviser Schengen, quitte à exclure volontairement la France de ces accords. En mai 2014, Nicolas Sarkozy indiquait au Point: «Il faut suspendre immédiatement Schengen I et le remplacer par un Schengen II auquel les pays membres ne pourraient adhérer qu'après avoir préalablement adopté une même politique d'immigration.» S’il était favorable à l’aide médicale d’Etat (AME) en 2012, Nicolas Sarkozy propose maintenant de la supprimer.

Bruno Le Maire est favorable à une «immigration choisie». En février 2014, l’ancien secrétaire d’Etat aux Affaires européennes expliquait sur RTL son vœu «d’une immigration choisie (…). Et si ça doit passer par des quotas, ça ne me pose pas de difficulté de principe». Le candidat souhaite un raccourcissement des délais d’instruction des demandes d’asiles, et un renforcement des contrôles des travailleurs détachés au sein de l’Union européenne. A propos des soins pour les étrangers via l’aide médicale d’Etat (AME), le député souhaite le rétablissement d’une franchise supprimée par la gauche. Quant à Schengen, Bruno Le Maire ne veut pas abandonner les accords en vigueur, mais plaide pour un renforcement des frontières extérieures de l’Union européenne.