Sens Commun: Quel est ce mouvement devant lequel Sarkozy a promis d'abroger le «mariage pour tous»

POLITIQUE Une traduction politique de la «Manif pour tous»...

M.P.

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Des militants de Sens Commun le 15 novembre 2014 à Paris, lors d'un meeting avec les candidats à la présidence de l'UMP.
Des militants de Sens Commun le 15 novembre 2014 à Paris, lors d'un meeting avec les candidats à la présidence de l'UMP. — D. FAGET / AFP

C’est sans conteste un gros coup pour Sens commun. Sens commun, c’est ce petit mouvement associé à l’UMP, une émanation de la Manif pour tous, qui a, non seulement réussi le tour de force de réunir les trois candidats à la présidence de l’UMP dans le même meeting, mais surtout arraché à Nicolas Sarkozy la promesse d’abroger la loi sur le mariage pour tous. Alors que jusque-là, il s’était montré très prudent sur le sujet pour éviter de braquer une partie des militants UMP.

Combien de militants compte exactement Sens commun? Difficile de le savoir réellement mais le mouvement, dont la devise est «la droite que nous voulons», en annonce entre 5.000, selon le Figaro, entre 8.000 et 10.000, selon L'Obs. Et a pu en mobiliser quelque 2.000. Quand le mouvement s’est créé il y a un an, ses responsables ont réfuté toute récupération par l’UMP mais au contraire revendiqué sa volonté d’«entrisme» et de «noyautage». Ses responsables expliquaient alors qu'ils souhaitaient «transformer leur engagement sociétal en engagement politique». De fait, ils comptent bien peser sur le scrutin interne à l’UMP pour imposer ses vues: abrogation de la loi Taubira et GPA interdite pour les couples homosexuels.

Déçue par Sarkozy

Le mouvement est porté par deux visages, deux jeunes qui ont été de tous les combats contre la loi Taubira: Sébastien Pilard, président, et Madeleine Bazin de Jessey, porte-parole. Deux figures emblématiques de cette génération qui s’est retrouvée pour lutter contre la loi Taubira, dont Le Figaro a fait le portrait.

Co-fondatrice des Veilleurs, Madeleine Bazin de Jessey a fait Normale Sup et est agrégée de lettres classiques, en pleine préparation d’une thèse sur «la figure de Bethsabée dans la littérature et les arts». Elle a pris sa carte à l’UMP entre 16 ans et 18 ans, portée par le candidat Sarkozy de 2007 dont elle se dit déçue par ses côtés «brouillon» et «bling-bling», ainsi que son «manque de cohérence».

«CDD avec l’UMP»?

Agé de 36 ans, Sébastien Pillard est lui l’ancien coordinateur pour le grand ouest de la Manif pour tous. Patron d’une PME de 150 personnes, «ingénieur surdiplômé» selon le Figaro, ce père de famille milite pour que la politique s’ancre dans le réel. «Qu'est-ce qu'il y a de plus réel que de demander le droit à un père et une mère?», interroge-t-il dans le quotidien. Contrairement à Madeleine Bazin de Jessey qui n’a pas d’ambition politique avouée, lui pense à une candidature aux cantonales ou aux régionales.

Rien n’est acté aujourd’hui, mais Nicolas Sarkozy, comme Jean-François Copé avant, ont ouvert grand les portes de l’UMP à Sens commun. Mais, expliquait l’an dernier Madeleine Bazin de Jessey, «si le programme du candidat à la primaire ne tient pas compte de nos propositions, on n'hésitera pas à dissoudre l'association», parlant alors d’un «CDD avec l’UMP». Mais ce CDD pourrait bien se prolonger vu les déclarations de Nicolas Sarkozy.