Première manche judiciaire dans l'affaire Fillon-Jouyet

JUSTICE L'ex-Premier ministre demande la copie intégrale de l'enregistrement de la conversation controversée entre les journalistes du Monde et le secrétaire général de l'Elysée...

20 Minutes avec AFP

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L'ancien Premier ministre français UMP François Fillon arrive à une conférence de presse le 1er octobre 2014 à Paris
L'ancien Premier ministre français UMP François Fillon arrive à une conférence de presse le 1er octobre 2014 à Paris — Eric Feferberg AFP

Après une relative accalmie sur le plan politique, l'affaire Fillon-Jouyet entre vendredi dans une phase judiciaire: l'ex-Premier ministre demande la copie intégrale de l'enregistrement de la conversation controversée entre les journalistes du Monde et le secrétaire général de l'Elysée.

L'avocat de François Fillon, Jean-Pierre Versini-Campinchi, prévoit, une fois la décision concernant l'enregistrement rendue dans cette procédure d'urgence, de poursuivre en diffamation Jean-Pierre Jouyet, mais aussi les journalistes Gérard Davet et Fabrice Lhomme, le directeur de la publication du Monde et l'éditeur de leur livre Sarko s'est tuer.

«Stratégie médiatique»

François Fillon demande que l'original de l'enregistrement soit remis à un tiers indépendant, tel un expert informatique, afin qu'une copie lui soit remise. Son avocat s'appuie sur l'article 145 du Code de procédure civile, qui dispose que «s'il existe un motif légitime de conserver ou d'établir avant tout procès la preuve de faits dont pourrait dépendre la solution d'un litige, les mesures d'instruction légalement admissibles peuvent être ordonnées à la demande de tout intéressé, sur requête ou en référé».

Selon la défense des journalistes, cette demande ne peut prospérer.

«Nous ne remettrons pas l'enregistrement dans ce cadre-là, c'est tout à fait impossible» au vu de la loi sur la presse, insiste Me François Saint-Pierre, l'avocat des journalistes. Invoquant le secret des sources, il souligne qu'«aucune personne privée ne peut s'arroger le droit d'obtenir d'un juge civil en référé la remise d'un dossier qui le regarde».

Pour Me Saint-Pierre, la démarche de François Fillon est «incongrue», pour son confrère Christophe Bigot, elle relève plus d'une «stratégie médiatique» que d'une «stratégie judiciaire». Ce à quoi répond l'avocat de l'ancien chef de gouvernement: «L'agitation politique, ce n'est pas lui qui l'a créée»