Sarkozy exalte la valeur du travail

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La double casquette de Nicolas Sarkozy, candidat à la présidentielle et ministre de l'Intérieur, poste qu'il quittera le 26 mars mars, a suscité jusqu'au bout la polémique, ses adversaires, à gauche mais aussi à l'UDF, dénonçant une "confusion des genres" et des moyens.
La double casquette de Nicolas Sarkozy, candidat à la présidentielle et ministre de l'Intérieur, poste qu'il quittera le 26 mars mars, a suscité jusqu'au bout la polémique, ses adversaires, à gauche mais aussi à l'UDF, dénonçant une "confusion des genres" et des moyens. — Thomas Coex AFP/Archives

Beaucoup de travail et un peu d’identité nationale. C’est en avançant sur ces deux jambes que Nicolas Sarkozy a effectué son voyage-éclair de deux jours aux Antilles.

Sur le fond, son message adressé aux Guadeloupéens puis aux Martiniquais n’a pas été différent de celui délivré en métropole. «Le travail est au centre de mon projet», a t-il répété en boucle aux dirigeants et salariés des entreprises visitées, ainsi qu’aux sympathisants venus assister à ses réunions publiques. «Si les Français travaillent plus, ils gagneront plus, avec cet argent ils consommeront plus, ce qui créera de nouveaux emplois», s’est-il souvent expliqué, pédagogue. Pour réaliser cet objectif, Nicolas Sarkozy continue de promettre «des heures supplémentaires rémunérées 25% de plus et exonérées de charge.»

Corollaire de l’exaltation de «la valeur-travail», la dénonciation de «l’assistanat», appuyée tout au long de sa visite et très appréciée de ses militants locaux. «Je veux que tout bénéficiaire d’un minimum social ait une obligation effective d’activité» a t-il insisté, prenant chaque fois le soin de préciser: «contrairement à ce qu’on prétend parfois, je n’ai pas l’intention de supprimer le RMI.»

Zone franche globale
 
Impossible pour le candidat de se présenter les mains vides face aux Antillais. Aussi leur a t-il proposé la création d’une zone franche globale sur l’ensemble de la Guadeloupe et la Martinique, mais réservée à «trois ou quatre secteurs d’activité, par exemple le tourisme, les énergies renouvelables ou l’agriculture.»
 
Pour le reste Nicolas Sarkozy s’est montré prolixe en déclaration d’intentions, («je ne veux plus que les Antillais aient à choisir entre leur île et leur carrière, « je veux donner à la jeunesse martiniquaise l’avenir qu’elle mérite»), mais avare en engagement. Au point de reprendre une jeune présidente d’association lors de sa rencontre avec des étudiants locaux: «non je ne vous fais pas fait de promesse, je tiens des raisonnements», a t-il précisé, provoquant un long brouhaha de déception dans la salle.

Un terrain favorable

Sur un plan plus tactique, le candidat n’a pas abandonné le terrain de l’identité nationale. Après s’être félicité dans l’avion entre Paris et Pointe-à-Pitre du bon accueil par l’opinion de ses prises de position sur la question, Nicolas Sarkozy a de nouveau affirmé qu’il entendait créer un ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale, lors de ses deux réunions publiques.

Conscient que ce terrain lui est favorable, le candidat UMP a accepté un intermède avec la presse à Schoelcher (Martinique), pour régler ses comptes sur ce sujet de Ségolène Royal et François Bayrou. Une stratégie de communication délibérée, le candidat rembarrant même à plusieurs reprises les journalistes désireux d’aborder la question des Antilles. Placez un océan entre les candidats, ils continueront encore à se battre.

De notre envoyé spécial aux Antilles, Stéphane Colineau