Fillon aurait sollicité l'Elysée pour accélérer les enquêtes en cours contre Sarkozy

POLITIQUE Selon «Le Monde», un enregistrement atteste que Jean-Pierre Jouyet a fait le récit de sa rencontre avec François Fillon...

L.Be. avec AFP

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Nicolas Sarkozy et François Fillon, en mai 2012.
Nicolas Sarkozy et François Fillon, en mai 2012. — APESTEGUY/SIPA

Gérard Davet et Fabrice Lhomme persistent et signent. François Fillon aurait bien demandé en juin 2014 au secrétaire général de l’Elysée de «taper vite» contre Nicolas Sarkozy pour accélérer les enquêtes en cours, selon les deux journalistes du Monde ce samedi. Un enregistrement atteste que Jean-Pierre Jouyet a fait le récit de cette rencontre à ces journalistes. L’ancien Premier ministre aurait incité la présidence de la République à peser sur le cours judiciaire des affaires visant Nicolas Sarkozy, réaffirme le quotidien.

Les deux hommes ont pour leur part démenti ces informations. «J'ai bien déjeuné» en juin dernier «avec M. Fillon pour lequel j'ai du respect, mais je démens» que l'ancien Premier ministre «ait tenu les propos» qui lui sont attribués dans ce livre [Sarko s'est tuer (Stock)], a déclaré à l'AFP Jean-Pierre Jouyet, secrétaire d'Etat aux Affaires européennes sous Nicolas Sarkozy (mai 2007 à décembre 2008) et secrétaire général de l'Elysée depuis avril 2014. «Nous avons parlé d'autre chose», «il ne m'a, bien entendu, pas demandé une quelconque intervention, démarche par ailleurs inimaginable», a-t-il déclaré.

«Tu as bien conscience que si vous ne tapez pas vite, vous allez le laisser revenir»

Dans leur livre, les journalistes du Monde Gérard Davet et Fabrice Lhomme affirment que François Fillon, lors d'un déjeuner près de l'Elysée le 24 juin avec Jean-Pierre Jouyet, a dénoncé le fait que l'UMP ait remboursé en 2013, à la place de l'ancien président de la République, les pénalités liées au dépassement du plafond des dépenses de campagne de Nicolas Sarkozy en 2012.

Selon les deux auteurs, François Fillon a lancé: «Jean-Pierre, c'est de l'abus de bien social, c'est une faute personnelle, l'UMP n'avait pas à payer» avant de lui demander de faire pression pour accélérer le cours judiciaire des affaires visant Nicolas Sarkozy. «Mais tapez vite, tapez vite! Jean-Pierre, tu as bien conscience que si vous ne tapez pas vite, vous allez le laisser revenir. Alors agissez! ». François Fillon a «démenti formellement» dès mercredi soir les propos des journalistes.