Jouyet dément que Fillon soit intervenu auprès de lui contre Sarkozy

POLITIQUE François Fillon a aussi «démenti formellement» dès mercredi soir les propos de Davet et Lhomme...

20 Minutes avec AFP

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Le secretaire d'etat aux Affaires Europeennes Jean Pierre Jouyet en conference de presse a Nancy  sur "L'Europe de l'enseignement superieur, un espace de mobilite a renforcer", dans le cadre de la presidence Francaise de l'Union Europeenne. Nancy, FRANCE -04/11/2008.
Le secretaire d'etat aux Affaires Europeennes Jean Pierre Jouyet en conference de presse a Nancy sur "L'Europe de l'enseignement superieur, un espace de mobilite a renforcer", dans le cadre de la presidence Francaise de l'Union Europeenne. Nancy, FRANCE -04/11/2008. — SIPA

Le secrétaire général de l'Elysée, Jean-Pierre Jouyet, a démenti jeudi à l'AFP que François Fillon soit intervenu auprès de lui pour demander à l'exécutif d'accélérer des procédures judiciaires visant Nicolas Sarkozy, comme l'affirment les auteurs du livre Sarko s'est tuer, à paraître le 12 novembre.

«J'ai bien déjeuné» en juin dernier «avec François Fillon pour lequel j'ai du respect, mais je démens» que l'ancien Premier ministre «ait tenu les propos» qui lui sont attribués dans ce livre, a déclaré à l'AFP Jean Pierre Jouyet, secrétaire d'Etat aux Affaires européennes sous Nicolas Sarkozy (mai 2007 à décembre 2008) et secrétaire général de l'Elysée depuis avril 2014.

«Alors agissez!»

«Nous avons parlé d'autre chose», «il ne m'a, bien entendu, pas demandé une quelconque intervention, démarche par ailleurs inimaginable», a-t-il déclaré.

Dans leur livre, les journalistes du Monde Gérard Davet et Fabrice Lhomme affirment que François Fillon, lors d'un déjeuner près de l'Elysée le 24 juin avec Jean-Pierre Jouyet, a dénoncé le fait que l'UMP ait remboursé en 2013, à la place de l'ancien président de la République, les pénalités liées au dépassement du plafond des dépenses de campagne de Nicolas Sarkozy en 2012.

Selon les deux auteurs, François Fillon a lancé: «Jean-Pierre, c'est de l'abus de bien social, c'est une faute personnelle, l'UMP n'avait pas à payer» avant de lui demander de faire pression pour accélérer le cours judiciaire des affaires visant Nicolas Sarkozy. «Mais tapez vite, tapez vite ! Jean-Pierre, tu as bien conscience que si vous ne tapez pas vite, vous allez le laisser revenir. Alors agissez!».

«Stupéfiante, la démarche de François Fillon (qui n'a pas donné suite aux sollicitations) nous a été confirmée en septembre 2014 par la présidence de la République, qui a assuré n'y avoir "évidemment" donné aucune suite», ajoutent les journalistes dans leur livre.

«Excuses et regrets»

François Fillon a «démenti formellement» dès mercredi soir les propos de Davet et Lhomme. «J'ai effectivement déjeuné à sa demande avec Jean-Pierre Jouyet qui fut ministre de mon gouvernement» mais «le procédé qui consiste à me prêter la volonté de m'appuyer sur les plus hautes autorités de l'État pour faire pression sur l'autorité judiciaire est méprisable», a-t-il ajouté. «C'est hallucinant qu'on puisse dire que j'agirais de la sorte», a-t-il déclaré jeudi à l'AFP.

Dans un SMS à François Fillon, que le secrétaire général de l'Elysée a transmis à l'AFP, M. Jouyet lui présente ses «excuses et regrets»: «M. le Premier ministre, croyez bien que je suis désolé de ces bruits de couloirs élyséens rapportés à des journalistes. Comme vous l'imaginez, François Hollande avait d autres soucis». Attestant de son «amitié» pour François Fillon, il lui «permet d'utiliser ce message à toute fin qui ne (lui) nuise pas si ce canard devait encore courir» et «espère que la raison prendra le dessus».