UMP: Jérôme Lavrilleux allume Fillon et Juppé

DROITE Exclu du parti, l'eurodéputé célèbre pour son rôle dans l'affaire Bygmalion épargne en revanche Nicolas Sarkozy, pour qui il votera, s'il se présente, en 2017...  

N.Beu. avec AFP

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L'ex-directeur adjoint de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2012, Jérôme Lavrilleux, le 22 novembre 2012 à Paris
L'ex-directeur adjoint de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2012, Jérôme Lavrilleux, le 22 novembre 2012 à Paris — Kenzo Tribouillard AFP

Jérôme Lavrilleux n'est plus membre de l'UMP, mais il a toujours une bonne droite. Ce jeudi matin, le député européen a de nouveau distribué les uppercuts à François Fillon, Alain Juppé et la direction intérimaire de son ex-parti, épargnant une nouvelle fois Nicolas Sarkozy dans l'affaire Bygmalion.

«On a exclu quelqu'un qui n'est plus membre de l'UMP», a commenté l'ex-bras droit de Jean-François Copé, interrogé par Europe 1 après son exclusion officielle prononcée, à l'unanimité moins deux abstentions, par le Bureau politique du mouvement mardi. «On est passé du grotesque au burlesque», a grincé l'eurodéputé, qui s'est dit «désolé qu'on en arrive à de telles extrémités pour satisfaire des petites rancoeurs de personnes qui n'ont pas accepté leur défaite aux élections internes» de 2012. Soit «essentiellement François Fillon et son entourage».

«Pas une tête de grenade dégoupillée»

L'exclusion a par ailleurs été décidée «par une direction intérimaire de l'UMP que j'estime être totalement illégitime» puisqu'elle n'a jamais été élue par les militants. Il a comparé son sort à celui d'Alain Juppé qui «lui, a été condamné, de manière définitive, sur des affaires liées au financement de parti politique, et il a attendu d'être condamné définitivement pour quitter la présidence de l'UMP et jamais aucune mesure d'exclusion n'a été prononcée à son encontre».

Lavrilleux a redit qu'il voterait pour Nicolas Sarkozy à la primaire de 2017 si l'ex-président était candidat. Il a encore assuré ne pas avoir l'«impression d'avoir une tête de grenade dégoupillée», comme l'aurait qualifié Copé pour mettre en garde contre des révélations ultérieures. «Je ne suis une menace pour personne», «je suis simplement un citoyen engagé» «à la disposition de la justice», a-t-il ajouté.

«Je porte ma croix»

Celui qui a été élu aux européennes sur une liste UMP a redit ne pas avoir parlé de Bygmalion à Nicolas Sarkozy ou Jean-François Copé. «Est-ce que je regrette d'avoir fait un travail qui ne m'incombait pas? Oui, sans doute», a-t-il dit en rappelant qu'il n'était que directeur adjoint de campagne de Sarkozy en 2012 (c'est-à-dire sous le directeur Guillaume Lambert). «Je porte ma croix tous les jours.»

Les accusations d'enrichissement personnel ou les soupçons de trésor de guerre pour le député-maire de Meaux ont «été lancées par des salopards», «des gens qui avaient envie de couper la tête de Jean-François Copé». Le 26 mai, au lendemain des européennes, Lavrilleux avait avoué que des dépenses considérables, imputables à la campagne de Nicolas Sarkozy, avaient en fait été prises en charge par l'UMP.