Jérôme Lavrilleux attaque Fillon, Juppé et Raffarin, une direction de l'UMP «illégitime»

REACTION L’ancien bras droit de Jean-François Copé, qui a avoué avoir participé à l'affaire Bygmalion, réagit après son exclusion de l'UMP...

A.-L.B. avec AFP

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01 Juillet 2014 Strasbourg -Jerome Lavrilleux a pris place dans l'hemicycle du Parlement Europeen a Strasbourg
01 Juillet 2014 Strasbourg -Jerome Lavrilleux a pris place dans l'hemicycle du Parlement Europeen a Strasbourg — G. Varela \ 20 Minutes

Jérôme Lavrilleux, auteur de révélations tonitruantes dans l'affaire Bygmalion, a violemment attaqué jeudi la direction provisoire de l'UMP, la qualifiant d'«illégitime».

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«On a exclu quelqu'un qui n'est plus membre de l'UMP», a commenté l'ex-bras droit de Jean-François Copé, interrogé par Europe 1 après son exclusion officielle prononcée par le Bureau politique de l'UMP mardi.

«Grostesque au burlesque»

«On est passé du grotesque au burlesque», a grincé le député européen qui s'est dit «désolé qu'on en arrive à de telles extrémités pour satisfaire des petites rancoeurs de personnes qui n'ont pas accepté leur défaite aux élections internes» de 2012. Soit, «essentiellement François Fillon et son entourage».

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L'exclusion a par ailleurs été décidée «par une direction intérimaire de l'UMP que j'estime être totalement illégitime» puisqu'elle n'a jamais été élue par les militants».

Il a comparé son sort à celui d'Alain Juppé qui «lui, a été condamné, de manière définitive, sur des affaires liées au financement de parti politique, et il a attendu d'être condamné définitivement pour quitter la présidence de l'UMP et jamais aucune mesure d'exclusion n'a été prononcée à son encontre».

«Je ne suis une menace pour personne»

Jérôme Lavrilleux a redit qu'il voterait pour Nicolas Sarkozy à la primaire de 2016 si l'ex-président est candidat. Il a encore assuré ne pas avoir l'«impression d'avoir une tête de grenade dégoupillée», comme l'aurait qualifié Jean-François Copé pour mettre en garde contre des révélations ultérieures.

«Je ne suis une menace pour personne», «je suis simplement un citoyen engagé» «à la disposition de la justice», a-t-il ajouté.

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Celui qui a été élu aux élections européennes sur une liste UMP a redit ses regrets. «Est-ce que je regrette d'avoir fait un travail qui ne m'incombait pas? Oui, sans doute,» a-t-il dit en rappelant qu'il n'était que directeur adjoint de campagne de Nicolas Sarkozy en 2012 (c'est-à-dire sous le directeur Guillaume Lambert). 

Les accusations d'enrichissement personnel ou les soupçons de trésor de guerre pour le député-maire de Meaux ont «été lancées par des salopards», «des gens qui avaient envie de couper la tête de Jean-François Copé».

Le 26 mai, au lendemain des européennes, Jérôme Lavrilleux avait avoué que des dépenses considérables, imputables à la campagne de Nicolas Sarkozy, avaient en fait été prises en charge par l'UMP.