Fillon dément une démarche contre Sarkozy qui lui est prêtée dans un livre

POLITIQUE Selon un livre de deux journalistes du «Monde», L'ancien Premier ministre aurait insisté auprès de l'Elysée pour faire accélérer les procédures judiciaires visant Nicolas Sarkozy...

20 Minutes avec AFP

— 

François Fillon lors d'une conférence de presse à Paris le 1er octobre 2014.
François Fillon lors d'une conférence de presse à Paris le 1er octobre 2014. — ERIC FEFERBERG / AFP

François Fillon a «démenti formellement» mercredi soir avoir exhorté l'Elysée à faire accélérer les procédures judiciaires visant son rival Nicolas Sarkozy comme l'affirment les journalistes du Monde Gérard Davet et Fabrice Lhomme dans leur livre à paraître Sarko s'est tuer (Stock), dont L'Obs publie les bonnes feuilles jeudi.

«Je démens formellement les propos que m'attribuent Gérard Davet et Fabrice Lhomme. J'ai effectivement déjeuné à sa demande avec Jean-Pierre Jouyet qui fut ministre de mon gouvernement. Le procédé qui consiste à me prêter la volonté de m'appuyer sur les plus hautes autorités de l'État pour faire pression sur l'autorité judiciaire est méprisable. La manoeuvre est grossière. Pour moi, le combat politique se mène strictement sur le terrain des idées», a déclaré l'ancien Premier ministre dans un communiqué.

Dans leur livre, les deux journalistes affirment que François Fillon, lors d'un déjeuner près de l'Elysée le 24 juin dernier avec Jean-Pierre Jouyet -qui a été son secrétaire d'Etat aux Affaires européennes de mai 2007 à décembre 2008 et qui est secrétaire général de l'Elysée depuis avril-, a dénoncé le fait que l'UMP ait remboursé en 2013, à la place de l'ancien président de la République, les pénalités liées au dépassement du plafond des dépenses de campagne de Nicolas Sarkozy en 2012.

«Mais tapez vite, tapez vite!»

Selon les deux auteurs, François Fillon a lancé: «Jean-Pierre, c'est de l'abus de bien social, c'est une faute personnelle, l'UMP n'avait pas à payer» avant de lui demander de faire pression pour accélérer le cours judiciaire des affaires visant Nicolas Sarkozy. «Mais tapez vite, tapez vite! Jean-Pierre, tu as bien conscience que si vous ne tapez pas vite, vous allez le laisser revenir. Alors agissez !».

«Stupéfiante, la démarche de François Fillon (qui n'a pas donné suite à nos sollicitations) nous a été confirmée en septembre 2014 par la présidence de la République, qui a assuré n'y avoir "évidemment" donné aucun suite», ajoutent les journalistes dans leur livre.

Nicolas Sarkozy aurait été au courant de la liaison de François Hollande

Dans cet ouvrage, ils affirment également que Nicolas Sarkozy savait dès novembre 2013 -soit deux mois avant la révélation du magazine people Closer qui, avec sa fameuse une du 10 janvier 2014, a lancé «l'affaire Julie Gayet»- que le président François Hollande rendait secrètement visite en scooter à l'actrice tout près de l'Elysée.

Lors d'une rencontre avec les deux journalistes le 18 novembre 2013, Nicolas Sarkozy se serait plaint que la presse soit «tellement sympa avec Hollande» avant de lancer, «devant témoins»: «Vous vous rappelez les rumeurs de Benjamin Biolay et Carla, ou Chantal Jouanno et moi ? Tout ce qui a été écrit ? Et lui, Hollande, qui sort trois fois par semaine de l'Elysée en scooter pour aller voir sa bonne amie... Que font les journalistes ? Rien, bien sûr.»

Nicolas Sarkozy «a-t-il joué une mauvaise partition en sous-main ?» s'interrogent les auteurs alors qu'après la révélation de Closer, qui a entraîné la séparation de François Hollande d'avec sa compagne Valérie Trierweiler, certains proches du chef de l'Etat ont accusé les réseaux sarkozystes d'être à l'origine de l'affaire. «Impossible à affirmer, d'autant que la liaison cachée du président était un secret assez mal gardé, semble-t-il».