VIDEO. «On ne peut plus manger d’entrecôte-frites?»… Les réactions aux «off» de Nicolas Sarkozy

POLITIQUE Quelques-unes des personnalités politiques visées par les phrases assassines de Nicolas Sarkozy, rapportées dans «Ça reste entre nous, hein?», ont réagi mercredi...  

M.C.

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Nicolas Sarkozy à Nancy, le 3 novembre 2014.
Nicolas Sarkozy à Nancy, le 3 novembre 2014. — JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP

«Le président ridicule», Marine Le Pen «le déménageur», les «cons» de l’UMP… Les hommes et femmes politiques n’ont pas été épargnés par Nicolas Sarkozy, dont les confidences à la sulfateuse ont été recueillies par les journalistes du Parisien-Aujourd'hui en France Nathalie Schuck et Frédéric Gerschel dans le livre Ca reste entre nous, hein?, publié mercredi. Beaucoup n’ont pas apprécié, et l'ont fait savoir.

«J'encourage à manger de l'entrecôte-frites»

«Il est mal fagoté, il mange des frites, quand on fait un métier public, il faut faire attention», aurait déclaré Nicolas Sarkozy à propos de François Hollande. A la sortie du Conseil des ministres, Stéphane Le Foll, le porte-parole du gouvernement, a selon Europe1.fr confirmé l'information gastronomique, ajoutant avec ironie: «Je vais pas faire beaucoup de commentaires. Je confirme que ça arrive à François Hollande de manger des frites et même des entrecôtes-frites. Est-ce que quand on est un homme public on ne peut plus manger d’entrecôte-frites?» Il conclut: «J’encourage même, moi, ministre de l’Agriculture, si j’ai un conseil à vous donner, à manger de l’entrecôte-frites. Et c’est made in France, de la bonne entrecôte française.»

Marine Le Pen va «déménager» Sarkozy en 2017

Interrogé sur l’extrait du livre selon lequel l'ancien président aurait trouvé à Marine Le Pen des airs de «déménageur», Louis Aliot, le vice-président du FN, a assuré dans l'émission Questions d'Info: «Elle va le déménager. S'il est opposant de Marine Le Pen en 2017, laissez-moi vous dire qu'il aura un traitement de faveur».

D'après l'eurodéputé, Nicolas Sarkozy «est d'une extrême vulgarité qui correspond tout à fait à la petitesse du personnage. Je pense que dans (son) bilan, tout est à jeter.» «Il y a des hommes polis, courtois, des hommes d'Etat, et puis des voyous», a-t-il poursuivi. «Je ne dis pas que (Nicolas Sarkozy) est un voyou, mais il a un vocabulaire de voyou, ça le discrédite pour revenir à la magistrature suprême.» «C'est pas facile de parler comme ça et d'aller parler ensuite à la racaille et de lui dire de bien se tenir», a encore jugé Louis Aliot.

«Je pense qu'il est persuadé que je suis une connasse»

Roselyne Bachelot, elle, dénonce la stratégie de communication de Nicolas Sarkozy: «C'est assez hallucinant parce que Nicolas Sarkozy est un homme qui connaît très bien la presse», analyse-t-elle dans l'émission Le Grand 8 sur D8, estimant que «ce sont des propos qui ont été dits de manière délibérée pour qu’ils soient rapportés». « Tous des cons, je le prends aussi pour moi puisque je suis adhérente à l'UMP et j'ai été sa ministre. Je pense qu'il est persuadé que je suis une connasse, bah voilà, c'est bien», a-t-elle conclu.

Fillon n'y croit «pas un seul instant»

François Fillon, lui, préfère jouer l’incrédulité. L’ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy, qualifié de «loser» par son président, dit ne pas pouvoir «croire un seul instant que Nicolas Sarkozy ait dit ça, parce que ce ne sont pas les paroles d'un homme d'État». «Il paraît qu'il a beaucoup souffert pendant cinq ans. Peut-être aurais-je dû abréger ses souffrances», avait encore lâché Nicolas Sarkozy à son sujet.

«C'est violent, très violent»

Bernard Debré, interrogé par BFMTV dans les couloirs de l'Assemblée, rappelle enfin que Nicolas Sarkozy «avait traité mon frère Jean-Louis, président du Conseil constitutionnel, de connard, et moi d’emmerdeur. S'il ne peut pas s'en empêcher, c'est violent, très violent», dit-il, rapportant aussi avoir demandé un jour à l’ancien président «d'éviter de dire du mal» de lui après une rencontre.


«Il était très clivant, tous ceux qui l'approchaient étaient maltraités, humiliés, vilipendés... Ce n'est pas acceptable de vivre dans cette ambiance. Il faut du calme, de la souplesse, de la gentillesse, de l'altruisme, de l'empathie. Il n'en a pas !», poursuit Bernard Debré. Il dit au sujet d’Alain Juppé, François Fillon et Laurent Wauquiez qu’ils «prennent ça avec humour, avec tristesse. Mais ils s'y attendaient».