Présidence de l’UMP: Les militants espèrent le «changement» avec Bruno Le Maire

REPORTAGE Le candidat à la présidence de l’UMP veut redonner la voix aux militants de UMP…

Anne-Laëtitia Béraud

— 

L'entrée de la salle de la Mutualité, le 4 novembre 2014 à Paris, pour le meeting du candidat à la présidence de l'UMP Bruno Le Maire.
L'entrée de la salle de la Mutualité, le 4 novembre 2014 à Paris, pour le meeting du candidat à la présidence de l'UMP Bruno Le Maire. — AL BERAUD/ 20 MINUTES

Redonner la voix aux militants de l’UMP. C’est le vœu de Bruno Le Maire, candidat à la présidence de l’UMP, qui tient ce mardi soir un meeting dans la salle parisienne de la Mutualité. Une salle où Nicolas Sarkozy avait fait ses adieux –provisoires- à la politique après sa défaite à la présidentielle 2012. Aujourd’hui, le député de l’Eure fait campagne face à l’ancien président de la République, et Hervé Mariton. Misant sur le «renouveau», Bruno Le Maire flatte ses sympathisants : «Vous êtes le peuple de droite, des militants libres», adresse-t-il à ses 1.500 sympathisants venus l’écouter.

AL. BERAUD/20 MINUTES

>> Bruno Le Maire en campagne marathon, à lire ici

Des militants en attente de «changement» pour l’UMP. Et ce, quand bien même «les carottes sont cuites», déplore Francis Marchal, ancien chef d’entreprise. En effet, tous les sondages prédisent une large victoire de Nicolas Sarkozy pour cette élection. «Ce serait extraordinaire si Bruno Le Maire fait 40%. S’il fait moins de 25%, l’autre fera cocorico». Un «autre», Nicolas Sarkozy, jugé coupable d’avoir «laissé filer les dépenses pendant la campagne 2012». Inadmissible pour un homme qui aspire à diriger un pays. «Quand j’étais chef d’entreprise, c’était la première chose que je regardais», ajoute le militant, regrettant que «les [autres ndlr] militants de l’UMP n’ouvrent pas les yeux».

Jérémy, 32 ans, membre de l'organisation pour le meeting de Bruno Le Maire à Paris, mle 4 novembre 2014. - AL. BERAUD/20 MINUTES

«Une envergure, un caractère»

Des yeux grands ouverts et des oreilles à l’affût des «propositions», voilà Adrien et Raphaël, Parisiens de 24 et 20 ans. Les deux amis, qui ne sont pas encartés, sont venus voir le candidat, définir si Bruno Le Maire fait partie des «leaders de demain à droite». Les jeunes hommes sont séduits par «l’exemplarité» de Bruno Le Maire, «son style moins criant», et sa capacité à manier sa communication sur les réseaux sociaux. Mais cela ne suffit pas pour Raphaël. Le jeune homme estime que Bruno Le Maire n’a «pas la stature pour diriger un pays». …Pas maintenant, en tout cas.

Un avis partagé par Pascal Blancard, commerçant parisien, «militant UMP mais pas fou furieux», comme il se définit. «Supporter de la première heure» de Bruno Le Maire, l’homme estime que le député de l’Eure «a une place à jouer dans le futur car il a une envergure, un caractère». «C’est quelqu’un qui peut arriver à souder. Il y en a tellement besoin, car les gens sont désespérés et ils ont peur». Mais pour le futur de la droite, son choix se portera sur «François Fillon, s’il est bien placé». 

Un livre sort le 5 novembre, relevant les petites phrases assassines de Nicolas Sarkozy. Il qualifie Bruno Le Maire, son rival pour cette élection, "Bac+18" et "quand on le voit à la télé, les gens zappent". Interrogé sur ces commentaires par 20 Minutes, Bruno Le Maire a estimé: "Au moins il a le sens de la formule".