Midterms: Barack Obama, bientôt un président aux mains liées?

ETATS-UNIS Les démocrates devraient perdre le contrôle du Sénat...

Philippe Berry
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Barack Obama dans la Situation Room de la Maison Blanche, le 28 juillet 2014
Barack Obama dans la Situation Room de la Maison Blanche, le 28 juillet 2014 — P.SOUZA/WHITE HOUSE

Pour ces élections de la mi-mandat, mardi, les démocrates s'attendent à recevoir une fessée. Reste à savoir si elle sera déculottée. Les républicains devraient consolider leur majorité à la Chambre des représentants et surtout reprendre le contrôle du Sénat. Dans cette cohabitation à l'américaine, Barack Obama serait alors un président sans véritable pouvoir pour ses deux dernières années, à l'exception de son droit de veto.

«Les républicains ont 85% de chance de contrôler le Sénat», estime Phillip Ardoin, professeur de sciences politiques à l'Appalachian State University. Le modèle de l'expert statistique Nate Silver les place à 75%, et celui de Sam Wang à 60%. «Attention, il suffit d'une erreur de 2% dans les sondages et cela devient un pile ou face», tempère le chercheur de Princeton.

Obama au plus bas

La première explication de la déroute attendue est «mathématique», selon Phillip Ardoin. Avec un tiers du Sénat renouvelé tous les deux ans, les 36 sièges en jeu sont ceux de 2008, l'année de la première élection d'Obama et de la vague démocrate. Avec une situation économique fragile et une participation, surtout des minorités, qui s'annonce faible, les républicains sont en mesure de remporter les six sièges supplémentaires dont ils ont besoin atteindre la majorité.

Les républicains ont surtout fait de cette élection un référendum sur la popularité d'Obama et de sa réforme de la santé. Et avec moins de 42% d'Américains satisfaits de la politique de leur président, il a été forcé de se faire discret pendant la campagne.

En cas de cohabitation, «il y aura encore plus de blocage partisan» à Washington, juge Phillip Ardoin. Le président américain sera sans doute incapable de faire passer sa réforme de l'immigration et d'augmenter le salaire minimum. Les républicains, eux, pourront rejeter la responsabilité de l'immobilisme sur Obama. Un scénario idéal pour leur candidat à la présidence de 2016.