Arlette Laguiller

Alexandre Sulzer
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A trois jours de la date fatidique du 16 mars, la quête des 500 parrainages restera la préoccupation majeure pour bon nombre de postulants, parmi lesquels Jean-Marie Le Pen (FN), Dominique Voynet (Verts), Olivier Besancenot (LCR), José Bové (altermondialiste) et Arlette Laguiller (LO) qui en est pourtant à sa sixième campagne.
A trois jours de la date fatidique du 16 mars, la quête des 500 parrainages restera la préoccupation majeure pour bon nombre de postulants, parmi lesquels Jean-Marie Le Pen (FN), Dominique Voynet (Verts), Olivier Besancenot (LCR), José Bové (altermondialiste) et Arlette Laguiller (LO) qui en est pourtant à sa sixième campagne. — Pascal Guyot AFP/Archives

«Travailleurs, travailleuses». Plus qu’un leitmotiv, une véritable signature. Candidate pour la sixième fois consécutive, Arlette Laguiller est la coureuse de fond de l’élection présidentielle. «Les paroles, bien sûr, ont un peu d’usure mais elle chante avec un air pur», entonnait affectueusement Alain Souchon en 1993. Trotskyste orthodoxe au discours inaltérable, Arlette Laguiller voit le jour dans une famille pauvre de la banlieue parisienne en 1940. L’année même où Léon Trotsky est assassiné à Mexico. 


Elle entre dès l’âge de 16 ans dans la vie active comme mécanographe au Crédit lyonnais. Quatre ans plus tard, elle participe à sa première action politique, contre la guerre d’Algérie. Elle adhère brièvement au PSU avant de rejoindre les trotskystes de Voix ouvrière, organisation dissoute par De Gaulle en 1968. Arlette Laguiller participe alors à la création de Lutte Ouvrière dont elle devient la porte-parole en 1973 avant d’être propulsée comme candidate en 1974 par son mentor Robert Barcia (alias Hardy). Elle entre alors dans l’Histoire de France comme la première femme candidate à une élection présidentielle et obtient 2,33%.


Elle représentera par la suite sa formation politique — accusée régulièrement de sectarisme — à toutes les échéances électorales. Jusqu’à se hisser à une honorable cinquième position (sur seize candidats) en 2002 avec 5,72% des suffrages. Cette année-là, elle déclenche une polémique en refusant d’appeler à voter Jacques Chirac contre Jean-Marie Le Pen au second tour. «Chirac n'a pas besoin des voix de la gauche. Qu'il soit donc élu avec les voix de son camp, les voix de la droite. Les travailleurs n'ont pas à le plébisciter», lâche-t-elle alors. 


En 2006, elle annonce vouloir se lancer, pour la dernière fois, dans la campagne présidentielle. L’occasion également de présenter ses héritières : Farida Megdoud, Isabelle Bonnnet ou encore Valérie Hamon. Les travailleurs peuvent dormir tranquilles.

Et vous, regretterez-vous Arlette Laguiller?

Parti :  Lutte Ouvrière (LO)
Age : 67 ans
 Née le : 18 mars 1940 à Paris
Etat civil : Célibataire sans enfant
CV : Retraitée du Crédit Lyonnais
Site web : http://www.arlette-laguiller.org/
 La phrase qui tue : «La dictature du prolétariat, pour moi comme pour Marx, représente un régime démocratique»
 Son plus dans la campagne: Un bon capital de sympathie dans l’opinion
 Son moins dans la campagne: La candidature de trop?
 Sa cote à J-10: 1,5%