FN: Florian Philippot conseille à un journaliste de France Inter «de s'intéresser aux chiens écrasés»

POLEMIQUE La direction du FN, visiblement pas très à l'aise, a refusé de commenter la décision du parti qui a stoppé une procédure disciplinaire engagée contre son ex-tête de liste aux dernières municipales à Nancy, accusé par son parti d'avoir soutenu une association homosexuelle...

M.B.

— 

Florian Philippot, vice-président du Front national, au siège de son parti à Nanterre le 26 mai 2014
Florian Philippot, vice-président du Front national, au siège de son parti à Nanterre le 26 mai 2014 — Stephane de Sakutin AFP

«C’est inintéressant au possible.» Alors que France Inter demande ce vendredi à Florian Philippot de commenter la décision du FN qui a stoppé une procédure disciplinaire engagée à l'encontre de son ex-tête de liste aux dernières municipales à Nancy, accusé par son parti d'avoir soutenu une association homosexuelle, ce que contestait l'intéressé, le vice-président du Front National, pourtant friand des médias, a passé son tour.

«Ce n’est pas du niveau de France Inter»

Et de poursuivre, visiblement mal à l’aise : «Ce n’est pas du niveau de France Inter. Je suis désolé. Je ne veux pas vous donner des leçons. Mais c’est grotesque. Marine [Le Pen] vous conseille de vous intéresser aux chiens écrasés. Voilà. Je crois qu’elle a raison.»

Fin septembre, lors d'une fête des associations à Nancy, Pierre Ducarne, 23 ans, s'était rendu au stand d'un collectif de défense des droits des homosexuels. «Je faisais le tour des stands et j'ai des amis dans ce collectif. J'ai été les voir, mais en aucun cas je n'ai tenu le stand, comme on me le reproche», a expliqué le militant. Dans sa convocation devant la commission des conflits reçue par lettre recommandée la semaine dernière, il lui est notamment reproché «une attitude communautariste ». «On me présente comme un militant LGBT (lesbien, gay, bi et trans, ndlr), alors que je n'ai fait que discuter avec des membres de ce collectif dont je ne fais pas partie», a-t-il souligné.

Le député européen FN Bruno Gollnisch, membre du comité central du parti d'extrême droite, s'était notamment ému sur son blog de la présence du jeune militant aux côtés de ce collectif, en estimant qu'elle «brouillait singulièrement le message porté par (le FN) et déboussolait beaucoup de nos électeurs». «Un membre-candidat du FN peut-il légitimement participer à ce type d'initiative?», avait poursuivi le cadre frontiste sur son blog.

«Respecter la vie d'autrui»

Pierre Ducarne lui avait répondu sur Twitter, en demandant à Bruno Gollnisch de «respecter la vie d'autrui», ce qui lui valait d'être également convoqué devant la commission de discipline pour «insultes proférées envers un dirigeant du FN». 

«J'ai encore le droit d'aller où je veux. Je reproche aux dirigeants du FN de ne pas m'avoir appelé avant, mais je les ai eus depuis au téléphone, et je crois qu'ils ont compris qu'il s'agissait d'un malentendu», a assuré Pierre Ducarne, selon qui «il n'y a pas de chasse aux homosexuels au FN».

Le jeune militant avait reçu une convocation pour le 27 novembre. «De toute façon, je me suis mis en retrait du parti depuis plusieurs mois. Et si on doit m'exclure, on m'exclura», avait-il ajouté. Mais depuis, l'intéressé temporise.

Par ailleurs, le Front National a annoncé vendredi avoir «levé la suspension temporaire» d'un de ses élus récemment converti à l'islam qu'il avait suspendu samedi, le parti lui reprochant d'avoir fait du «prosélytisme» en son sein.