Barrage de Sivens: Cécile Duflot accable Manuel Valls sur la mort de Réml Fraisse

POLITIQUE L'ex-ministre, qui avait refusé de participer au gouvernement Valls, attaque le Premier ministre dans un entretien accordé au «Monde»...

C.B.

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Cécile Duflot, l'ex-ministre du Logement.
Cécile Duflot, l'ex-ministre du Logement. — Thomas Samson AFP

Cécile Duflot tacle à nouveau le gouvernement. Dans un entretien accordé au Monde, l’ancienne ministre du logement de Jean-Marc Ayrault revient sur l’affaire du barrage contesté de Sivens (Tarn), cinq jours après la mort d'un manifestant lors d'affrontements avec les forces de l'ordre. Mardi, elle avait déjà estimé que le décès de Rémi Fraisse allait finir par être «une tâche indélébile sur l’action du gouvernement».

Dans l’interview donnée au Monde, elle persiste: «Ce qui s’est passé à Sivens est aussi le résultat d’une situation politique», affirme-t-elle. Duflot vise plus particulièrement Manuel Valls: «En septembre, le premier ministre s’est rendu dans le Tarn pour dire "Nous avons tenu bon à Sivens", avec le ton martial et cette capacité à surjouer l’autorité qui le caractérisent. Je pense que cette déclaration de Manuel Valls, alors que le rapport des experts était en cours, a dégradé la situation».

«La fracture avec la jeunesse est plus grave qu’on ne le pense»

Elle enfonce encore le clou lorsqu’elle déclare: «Manuel Valls propose une synthèse libérale autoritaire alors que la modernité est démocratique et écologiste».

D’après l’élue écologiste, «face à des projets imposés, il faut redonner du sens au dialogue, à la démocratie, à la participation, plutôt qu’à l’autorité, la persistance et la fermeté». L’ex-ministre estime que «la fracture, notamment avec la jeunesse, est plus grave qu’on ne le pense. A Sivens comme à Notre-Dame-des Landes ou à la Ferme des mille vaches, il y a un mouvement qui s’engage contre la mégalomanie de certains projets et pour la sauvegarde de la planète».