VIDEO. Barrage Sivens, chômage, tensions avec Hollande: Le best-of de l’intervention de Valls

POLITIQUE Le Premier ministre était l’invité de RTL ce mercredi matin…

W.M. avec AFP
— 
Le Premier ministe Manuel Valls à la FIAC le 22 octobre 2014 à Paris
Le Premier ministe Manuel Valls à la FIAC le 22 octobre 2014 à Paris — Kenzo Tribouillard AFP

Alors que les écologistes ont regretté la lenteur de la réaction du gouvernement au drame de Sivens, Manuel Valls a choisi la matinale de RTL pour répondre aux questions de Jean-Michel Apathie et sortir de son silence. Chômage, tensions avec le président de la République, drame de Sivens… Voici les points principaux. 


Budget 2015 : "Nous tenons nos engagements... par rtl-fr

  • Chômage

Manuel Valls a reconnu ne pas avoir réussi à «changer la donne» sur le chômage, ajoutant que le ministre du Travail, François Rebsamen, avait «dit la vérité aux Français» en déclarant que le gouvernement était «en échec» dans ce domaine. «Quand on a plusieurs millions de chômeurs depuis des années, on constate malheureusement qu'on n'a pas réussi à changer cette donne», a-t-il estimé.

  • Mort de Rémi Fraisse

Il a affirmé mercredi que le gouvernement n'avait «rien à craindre» de l'enquête relative à la mort de Rémi Fraisse sur le chantier du barrage de Sivens, jugeant aussi que l'exécutif avait réagi «au bon moment, comme il fallait». «Le ministre de l'Intérieur a pris un certain nombre de décisions: une enquête interne, une enquête administrative sera également menée par l'inspection générale de la police nationale et de la gendarmerie, nous n'avons rien à craindre de cette vérité, elle est même utile et indispensable», a-t-il poursuivi. Interrogé sur le temps de réaction à ce drame du président de la République et de son Premier ministre, que les écologistes ont jugé trop long, Manuel Valls a répondu: «Non, nous avons réagi au bon moment, comme il fallait». «C'est comme ça qu'on gouverne, on ne gouverne pas en courant derrière l'événement, en succombant à je-ne-sais quelle dictature de l'urgence, il faut gouverner avec sang-froid, avec sens de l'État, sens de la responsabilité et avec dignité.»

Quand à la poursuite des travaux du barrage de Sivens, il a estimé que la décision revenait au Conseil général du Tarn. «C'est au Conseil général du Tarn, à ses élus, de prendre ces décisions et de tirer notamment les conséquences du rapport d'expertise qui avait été commandé il y a quelques semaines par la ministre de l'écologie Ségolène Royal», a-t-il affirmé. «Oui», le rapport est assez négatif, mais il «ne demande pas l'abandon, [il] demande un certain nombre de modifications, parce que ce type de projet est utile pour les agriculteurs, d'abord, mais aussi pour fournir l'eau aux habitants par exemple de la ville de Montauban», a-t-il poursuivi.

  • Budget et Europe

Il s'est félicité de la décision de la Commission européenne de ne pas demander à son gouvernement de revoir son projet de budget 2015, ironisant sur ceux qui attendaient «l'humiliation» de la France. «Tout le monde attendait la sanction de la France, l'humiliation, Canossa.... Rien de tout cela n'est arrivé.»

  • Tensions avec Hollande

Le Premier ministre a de nouveau affirmé travailler «en confiance» avec François Hollande, qui avait ironisé la semaine dernière sur des ambitions présidentielles de son Premier ministre, et a promis qu'il continuerait de «faire du Valls» et de réformer la France «en profondeur». «Je respecte non seulement le président de la République mais je respecte aussi la fonction. La fonction de président de la République» et celle «de Premier ministre sont basées sur la confiance.»

>> François Hollande et Manuel Valls: Le début de la discorde?

  • Les banques

Manuel Valls a demandé aux banques de «faire leur boulot» en «soutenant l'économie du pays et ses petites entreprises», exhortant le secteur à «jouer pleinement le jeu» tout en refusant de le «stigmatiser». «Aider les entreprises, c'est la priorité, notamment petites et moyennes», a-t-il rappelé. Les banques ne font-elles pas leur travail? «Pourquoi stigmatiser? Elles doivent en tout cas, disons-le autrement, faire leur boulot. C'est leur boulot que de prêter, que de soutenir l'économie de notre pays et donc les petites entreprises.»

  • L'appartement de fonction de Lepaon

Il a dit ne pas vouloir «accabler» le numéro un de la CGT, Thierry Lepaon, mais a prôné «l'exemplarité à tous les niveaux» après les révélations du Canard enchaîné sur le coût des travaux de rénovation dans l'appartement de fonction du responsable syndical. «Je ne veux pas accabler un homme qui, je crois, n'a pas eu encore l'occasion de s'exprimer et de répondre directement. A lui de s'expliquer. Mais quand on traverse une telle crise économique, une telle crise de confiance entre les responsables publics et les concitoyens, une crise d'identité pour notre pays qui a pourtant, je veux le dire, beaucoup d'atouts pour affronter les grands défis de l'avenir, l'exemplarité à tous les niveaux est nécessaire.»