Robin Reda, plus jeune maire de France: «C'est un premier job de rêve»

PORTRAIT Les habitants de Juvisy-sur-Orge (Essonne) ont élu en mars dernier le plus jeune maire de France. «20 Minutes» est allé à sa rencontre sept mois après ses premiers pas de maire...

Maud Pierron

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Robin Reda, le 27 ocotbre 2014, devant la mairie de Juvisy-sur-Orge (Essonne)
Robin Reda, le 27 ocotbre 2014, devant la mairie de Juvisy-sur-Orge (Essonne) — M. PIERRON / 20 MINUTES

Il ne fait pas son âge. Ni dans la voix, qu’il a grave, ni dans la carrure, imposante, ni dans son discours, mature. Mais à 23 ans - 22 ans lors de son élection -  Robin Reda est bien le plus jeune maire (UMP) de France, à la tête de Juvisy-sur-Orge, une commune de 15.000 habitants dotée d'un budget de 38 millions d'euros. «C’est un premier job de rêve», lâche dans un sourire le tout jeune diplômé de Sciences-Po.

Quelque sept mois après son élection au premier tour, M. le maire semble très à l’aise derrière son grand bureau en bois. «Franchement, vu l’énergie que cette fonction nécessite, je ne regrette pas une seconde d’avoir été élu jeune», assure-t-il. Vingt-trois ans, mais déjà, il parle comme un vieux routier de la politique. Son mandat sera celui de «la gestion», du moins, se reprend-il, «de la préservation des services de proximité»: «Ce n’est pas sexy mais en ces temps de disette budgétaire, ce serait beaucoup». Un discours de la rigueur assumé. Comme tout bon maire, il veut être «sur le terrain», «accessible» et «pédagogue» pour expliquer et faire comprendre «les arbitrages» qu’il doit prendre.

Miss France de l'Essonne

Il le reconnaît, son âge fait qu’il n’est pas tout à fait un maire comme les autres. Ni dans le regard des autres, ni dans sa manière de faire. Dans un milieu où les tempes grisonnantes sont la norme, il détonne. «La première semaine, j’avais des caméras partout, la radio, les photos, j’avais l’impression d’être miss France», s’amuse-t-il. Au début, il s'est senti attendu au tournant. Mais comme le jeune homme carbure aux défis, ça l’a motivé. «J'ai travaillé dix fois plus que n’importe quel élu car je n’ai pas envie de me planter dans une réunion», dit celui qui est par ailleurs président de la communauté de communes.

Il admet toutefois que ce n’est pas si simple, du haut de ses 23 ans, de dire à un élu ou un membre de l’administration parfois en place depuis des dizaines d’années que «maintenant on va faire différemment». Et de théoriser lucidement: «Le suffrage universel donne la légitimité, mais la crédibilité, ça se gagne et ça se travaille.»

Les premières semaines, il a beaucoup consulté Internet ou YouTube pour répondre à quelques-unes de ses premières interrogations de maire, notamment sur le déroulement des mariages. «Naturellement», il utilise énormément les réseaux sociaux pour communiquer sur sa ville ou avec ses administrés. «C’est génial, ça permet de casser l’image des élus trop lointains», s’enthousiasme le maire.  

Frustration

Comme un jeune lambda, Robin Reda en veut aux générations passées d’élus, tant au niveau local que national. «Aujourd’hui, on nous dit que rien n’est possible, qu’il n’y a plus d’argent parce qu’il n’y a pas eu d’anticipation, qu’on a mis les problèmes sous le tapis. Pour un jeune élu, c’est très frustrant. Moi, je veux dire la vérité, quitte à être cash pour ne pas qu'on me reproche dans dix ans une décision qui mettrait en péril tel service», développe-t-il dans un discours bien rodé.

Il n'y a guère que lorsqu'on parle un peu de vie privée qu'il semble hésiter. Ses joues rosissent et d'un coup il fait ses 23 ans. Tout juste consent-il à dire que, comme tout jeune, il fait du sport, va au ciné et au resto avec les amis sur son temps libre. Que dans sa famille, «toutes les opinions sont représentées et que les repas sont animés». Son grand bureau n’a d’ailleurs aucune note personnelle, si ce n'est une boîte de bonbons. «Il y a beaucoup de choses en devenir dans ce bureau», s’excuse-t-il. Comme s'il parlait un peu de lui.

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