Fisc: Deux parlementaires s'expliquent après les révélations du «Canard enchaîné»

PATRIMOINE Contactés par «Le Monde», Lucien Degauchy et Philippe Marini ont dévoilé leurs échanges avec l'administration fiscale...

20 Minutes avec AFP

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Philippe Marini, sénateur UMP de l'Oise et maire de Compiègne.
Philippe Marini, sénateur UMP de l'Oise et maire de Compiègne. — SIPA

Lucien Degauchy et Philippe Marini, respectivement député et sénateur UMP de l'Oise, ont dévoilé jeudi dans Le Monde leurs échanges avec le fisc, après l'article du Canard enchaîné faisant état d'une «soixantaine de parlementaires» en délicatesse avec l'administration fiscale.

Contactés par Le Monde, les deux parlementaires confient «négocier depuis l'été avec la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HAPTV)».

Un compte en Suisse non-déclaré pour Degauchy

Il est reproché à Lucien Degauchy la détention d'un compte en Suisse non-déclaré depuis 1981. «Dans mon esprit cet argent n'était pas à moi (...) c'était un héritage », dont il a «régularisé la situation» en 2013. «Aujourd'hui, on me reproche de ne pas l'avoir déclaré plus tôt» déplore-t-il.

Lucien Degauchy avait indiqué aussi détenir un immeuble au Pré-Saint-Gervais valant 471.000 euros, alors que la HATVP a estimé le bien à 1,6 million d'euros. S'il reconnaît «avoir été bénéficiaire», l'élu explique que «les planchers s'écroulent, il y a des travaux de confortation. Un marchand de biens m'avait même dit qu'il n'en ferait rien et le démolirait pour reconstruire derrière».

Il affirme avoir «appliqué à la lettre ce que l'administration» lui «avait dit de faire; en aucun cas, dit-il, je n'ai cherché à tricher j'ai été contrôlé quatre années de suite depuis 2009.»

Marini: «Si les chiffres datent, le marché a pu évoluer»

Philippe Marini est quant à lui en désaccord avec le fisc pour l'évaluation d'un bien immobilier « dans ma famille depuis les années 1930, je n'y avais pas prêté vraiment attention». Le sénateur regrette que « pour remplir notre déclaration de patrimoine, on se contente de recopier l'ISF. Or c'est l'éternel problème: si les chiffres datent, le marché a pu évoluer.»

Ces déclarations font suite à un article du Canard enchaîné paru mercredi selon lequel qu'une soixantaine de parlementaires seraient, à des degrés divers, en délicatesse avec le fisc pour des cas allant «du petit différend au gros redressement».

La liste a été établie grâce à la législation sur la transparence adoptée l'année dernière après l'affaire Cahuzac, qui a obligé les élus à remettre des déclarations d'intérêt et de patrimoine à la Haute autorité.