PS: Manuel Valls s'attire les foudres des socialistes au sujet d'un changement de nom du parti

GAUCHE Claude Bartolone a notamment qualifié cette idée de «faute»...

N.Beu.

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Le Premier ministe Manuel Valls à la FIAC le 22 octobre 2014 à Paris
Le Premier ministe Manuel Valls à la FIAC le 22 octobre 2014 à Paris — Kenzo Tribouillard AFP

Manuel Valls se fait envoyer sur les roses. Dans la foulée de son interview à L'Obs, dans laquelle il évoquait l'idée de changer le nom du Parti socialiste, le Premier ministre s'est attiré les foudres de cadres du parti.

Ce jeudi matin, le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, a qualifié cette piste de «faute». «L'idée même de changer le nom, [le Premier ministre] l'a portée au sein du Parti socialiste. Et je lui dis: "cher Manuel, c'est une faute"», a déclaré Bartolone sur RTL. «Pour le moment, concentre-toi sur ton travail de Premier ministre, réponds aux attentes des Français en termes de sécurité, d'emploi, de transition énergétique, et laisse ce débat aux militants socialistes qui auront à discuter de tout cela au moment du prochain congrès», a-t-il ajouté. «C'est une rengaine et je pense que ce n'est pas le meilleur moment pour pousser cette chansonnette», a-t-il conclu.

«Il faut me lire»

Mercredi, déjà, Jean-Christophe Cambadélis avait affirmé à l'AFP qu'il préférait que l'on «garde» le «beau nom» de parti «socialiste». «Si je suis favorable à changer la carte d'identité du Parti socialiste, je ne suis pas favorable au changement de nationalité», avait ajouté le premier secrétaire du parti. «Je reste sur la position de François Mitterrand. Socialiste est un beau nom qui a fait ses preuves, autant le garder», avait estimé le député de Paris. «J'ajouterais un peu taquin qu'il n'a pas interdit à François Hollande de gagner et à Manuel Valls de devenir Premier ministre», avait-il ironisé. Le premier secrétaire a relevé qu'il s'agissait d'une «position ancienne» du Premier ministre. «Il est de ce point de vue cohérent avec lui-même.»

Karine Berger, secrétaire nationale du PS à l'Economie et membre du collectif Cohérence socialiste, a quant à elle qualifié «la question du nom» de «secondaire». Yann Galut, lui aussi membre du collectif Cohérence socialiste, n'a pas dit autre chose: «Avant d'imaginer de remettre en cause le nom du Parti socialiste, l'important est de savoir quelle est notre orientation et quels débats nous allons trancher ensemble», s'est-il prononcé.

Ce jeudi matin, sur BFMTV, Manuel Valls a tenté d'éteindre l'incendie. «Il faut me lire», «ne pas succomber à la culture de la petite phrase», a-t-il adressé à ses détracteurs. «Nous ne pouvons pas continuer ainsi avec des fractures au sein de la gauche et il faut réfléchir entre toutes les forces progressistes à construire une maison commune, peut-être demain une formation politique commune», a déclaré le Premier ministre. «Il y a sans doute entre ces forces progressistes moins de différences qu'il n'y en avait il y a quelques années. Et au bout de ce processus, les questions comme le changement de nom peuvent parfaitement se poser», a poursuivi le Premier ministre.