Pour Manuel Valls, «la gauche qui renonce à réformer se trompe de combat»

POLITIQUE Accusés par certains de «ses camarades» de trahir la gauche, le Premier ministre répond qu’ils sont «dépassés»...

M.B. avec AFP
— 
Manuel Valls lors d'une visite au SIAL le 20 octobre 2014 à Villepinte
Manuel Valls lors d'une visite au SIAL le 20 octobre 2014 à Villepinte — Bertrand Guay AFP

Des propos qui vont ajouter de l’huile sur le feu. Alors que le gouvernement et les frondeurs du PS semblaient au bord de la rupture mercredi au lendemain des 39 abstentions sur les recettes du budget 2015, Manuel Valls sort les griffes et n'entend pas changer de ligne politique.

>> Suivez les dernières réactions à la bataille au sein de la majorité en direct

Accusé par certains de «ses camarades» de trahir la gauche, il répond qu’ils sont «dépassés». Dans des extraits d'un entretien à l'Obs (ex-Nouvel Observateur), le Premier ministre répond aussi directement à l'appel de Martine Aubry à «réorienter» la politique du gouvernement, qui serait selon lui «un retour en arrière». Un sondage BVA exclusif pour 20 Minutes publié mardi révélait que le retour de la maire de Lille dans l'arène politique peine à convaincre les Français.

>> A (re)lire: Le retour de Martine Aubry en cinq temps

«Comment orienter la modernité pour accélérer l'émancipation des individus»

«Il faut en finir avec la gauche passéiste, celle qui s'attache à un passé révolu et nostalgique, hantée par le surmoi marxiste et par le souvenir des Trente Glorieuses. La seule question qui vaille, c'est comment orienter la modernité pour accélérer l'émancipation des individus», déclare le chef du gouvernement.

«La gauche qui renonce à réformer, qui choisit de défendre les solutions d'hier plutôt que de résoudre les problèmes d'aujourd'hui, cette gauche-là se trompe de combat. Ce que je reproche à la démarche de Jean-Luc Mélenchon, c'est son manque d'imagination. Aux autres, je demande si laisser filer les déficits et augmenter les impôts, c'est une nouveauté? Non. C'est ce qui a été fait systématiquement depuis quarante ans et cela n'a pas marché!», plaide-t-il.

«Parce que l'idéologie a conduit à des désastres»

«Parce que l'idéologie a conduit à des désastres», le chef du gouvernement défend une gauche «pragmatique, réformiste et républicaine», mais «qui garde un idéal: l'émancipation de chacun».

Quand on lui fait remarquer qu'il n'utilise pas le qualificatif «socialiste» pour définir cette gauche, Manuel Valls insiste: «Je le répète: pragmatique, réformiste et républicaine». Le Premier ministre en profite pour reprendre l'avertissement lancé cet été que «la gauche, oui, peut mourir» si «elle ne se réinvente pas», et il répond à ceux qui l'accusent d'en être «l'assassin».

«Quand la gauche se recroqueville sur le passé, sur les totems, elle cesse d'être fidèle à l'idéal du progrès, et donc à elle-même», objecte Manuel Valls.