Patrick Balkany mis en examen pour blanchiment de fraude fiscale et corruption

POLITIQUE Le député-maire UMP de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) a été mis en examen dans la soirée pour son rôle dans l'organisation d'un système d'évasion fiscale... 

Fabrice Pouliquen

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Patrick Balkany, maire UMP de Levallois et député des Hauts-de-Seine.
Patrick Balkany, maire UMP de Levallois et député des Hauts-de-Seine. — ERIC FEFERBERG / AFP

Le député-maire UMP de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) Patrick Balkany a été mis en examen mardi à Paris, notamment pour corruption passive et blanchiment de fraude fiscale, dans une enquête visant aussi son épouse.

Arrivé en début d'après-midi au pôle financier du tribunal de grand instance de Paris, l'élu en est ressorti peu après 18h en annonçant aux journalistes sa mise en examen. «J'ai simplement expliqué aux magistrats que je n'avais strictement rien à voir avec les faits qu'ils me reprochaient», a poursuivi Patrick Balkany son avocat à ses côtés.

Patrick Balkany rejoint son épouse et Jean-Pierre Aubry

Selon une source judiciaire, les juges financiers Renaud van Ruymbeke et Patricia Simon ont mis en examen le député-maire pour corruption passive, mais également blanchiment de corruption et blanchiment de fraude fiscale.

Dans le cadre de cette information judiciaire, les deux magistrats avaient mis en examen fin mai Isabelle Balkany et un proche du couple, Jean-Pierre Aubry, pour blanchiment de fraude fiscale. La première adjointe de Levallois s'était également vu imposer une caution d'un million d'euros.

Une enquête élargie à des faits présumés de corruption

En juillet, l'enquête a été élargie à des faits présumés de corruption à la suite d'un signalement de Tracfin, la cellule antiblanchiment du ministère des Finances et les juges ont lancé une commission rogatoire internationale à Singapour.

Ancien directeur de cabinet de Patrick Balkany, Jean-Pierre Aubry a de nouveau été mis en examen le 3 octobre pour complicité de corruption passive et blanchiment de corruption.

Selon des informations de M6 le 8 octobre, un industriel, George Forrest, avait affirmé devant le juge en septembre qu'il avait versé en 2009, sur le compte d'une société à Singapour, une commission de 5 millions de dollars à Patrick Balkany pour son aide dans une transaction en Namibie. Les enquêteurs s'interrogent sur une possible tentative d'éluder cet argent au fisc.

Selon une source proche du dossier, Jean-Pierre Aubry est soupçonné d'être l'ayant-droit économique de la société à Singapour, dont les juges soupçonnent Patrick Balkany d'être l'ultime bénéficiaire.

«Je n'ai pas de société, je n'ai pas de compte à Singapour»

«Je n'ai pas de société, je n'ai pas de compte à Singapour», a martelé Patrick Balkany mardi après sa mise en examen. Il a qualifié les déclarations de George Forrest de «fariboles» et d'«affabulations», affirmant n'avoir «pas du tout été en affaires avec lui».

Les juges enquêtent aussi sur les véritables propriétaires de deux villas où réside régulièrement le couple Balkany et d'éventuelles dissimulations au fisc. Concernant l'une de ses deux villas, à Saint-Martin aux Antilles, Isabelle Balkany a admis devant les enquêteurs qu'elle en était propriétaire depuis 1997 et qu'elle était «l'ultime ayant-droit de la société» propriétaire du bien. Son avocat a déclaré qu'elle avait été acquise avec des «fonds parfaitement licites » mais qu'elle n'avait «pas été régulièrement déclarée» et que l'«ISF n'a pas été réglé».

Les enquêteurs soupçonnent aussi le couple d'être le véritable propriétaire de l'autre villa, à Marrakech.