Présidence de l’UMP: Budget serré pour la campagne de Mariton, Le Maire et Sarkozy

UMP Les équipes des candidats à la présidence de l'UMP chassent les coûts de cette campagne financée par les associations de soutien...

Anne-Laëtitia Béraud
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Des militants de l'UMP à une conférence donnée par Nicolas Sarkozy le 8 octobre 2014.
Des militants de l'UMP à une conférence donnée par Nicolas Sarkozy le 8 octobre 2014. — SCHEIBER FREDERIC

Marquée par la déflagration Bygmalion, la campagne pour la présidence de l’UMP 2014 n’a rien de bling-bling. Contrairement à 2012, le parti, endetté de 74 millions d’euros, n'accorde aucun financement aux candidats Bruno Le Maire, Hervé Mariton et Nicolas Sarkozy. Aux trois hommes de pourvoir aux dépenses, via leurs associations de financement. Celles-ci sont alimentées par les adhésions et les dons, limités par personne à 7.500 euros par an et par parti.

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Le micro-parti «Droit au cœur» paye ainsi pour les frais d’Hervé Mariton, «l’Association de Financement d’Avec BLM» pour Bruno Le Maire, et «l’Association de soutien à l’action de Nicolas Sarkozy» règle la note pour l’ancien chef d’Etat. Des frais en augmentation pour ce dernier candidat en campagne. D’une douzaine de déplacements initialement prévus à 10.000 euros le meeting, pour un budget d’environ 200.000 euros, son équipe envisage depuis la mi-octobre de tenir une vingtaine de réunions.

Des meetings de taille XXL, comme à l'Acropolis de Nice, mardi soir, avec 3.000 personnes, ou pour sa première réunion, le 25 septembre à Lambersart (Nord), rassemblant 4.000 personnes. Et si la campagne de l'ancien président n'est pas «low cost» par rapport à celles de ses concurrents, Nicolas Sarkozy affiche une sobriété, en prenant notamment le train, pour lequel il bénéficie de billets gratuits. Contactée, l'équipe de Nicolas n'a pas répondu à «20 Minutes».

«On gère avec nos petits bras»

A l’inverse, Hervé Mariton réalise la campagne la plus modeste. «On gère notre petite machine avec nos petits bras, mais cela n’impacte pas le fond, c’est-à-dire nos idées», s’agace-t-on dans l’entourage du candidat. «On est aujourd’hui entre 10.000 et 15.000 euros de dépensés et les dons affluent», précise-t-on, sans préciser de montant. «On fait des réunions dans des permanences ou dans des bars, et on se cotise pour payer les verres», ajoute-t-on encore. Le député de la Drôme ne loue pas de salles, car elles sont jugées trop chères.

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Quant à l’hébergement,  c’est parfois à la bonne franquette avec des nuits passées chez les militants ou dans la famille. Pour le transport, les voyages en train sont gratuits grâce à la carte parlementaire, et le véhicule du candidat est largement utilisé. Le poste majeur de dépenses est constitué des frais d’impression des documents de campagne, précise-t-on dans son équipe composée de son collaborateur parlementaire et de bénévoles.

«Un gros meeting à 15.000-20.000 euros»

En ajoutant un zéro aux dépenses, on arrive à peu près aux frais de la campagne du député de l’Eure. «Bruno Le Maire réalise une campagne modeste, de proximité», martèle-t-on dans son équipe, réunie dans un modeste local parisien. Avec une campagne «provisionnée pour 130.000-150.000 euros», on s’empresse de préciser que «chaque euro dépensé sera publié sur le site de Bruno Le Maire à la fin de la campagne».

Quand les salles ne sont pas prêtées gracieusement par les municipalités, l’équipe choisit des lieux calibrés jusqu’à 500 personnes. «Cela évite d’en rajouter pour la sonorisation ou les lumières», souligne-t-on dans l’équipe de Bruno Le Maire. Seule entorse à ce principe: «Deux gros meetings», dont un à Carnac (Morbihan) le 24 août «avec l’installation d’une tente et d’un plancher, ce qui nous a coûté entre 15.000-20.000 euros». Un autre est prévu à Lyon (Rhône), «dans une salle importante, donc plus chère à louer». 

Quant aux nuits de Bruno Le Maire, il les passe dans «des Ibis, voire des Novotel». Et pour les transports, le député bénéficie de la gratuité des trains. Et s'il bénéficie de trajets gratuits en avion grâce à sa carte parlementaire, son équipe de campagne précise que le candidat règle ses billets. Mais Bruno Le Maire utilise le plus souvent son véhicule, qu'il conduit, et où «seule l’essence est remboursée, pas les frais kilométriques», souligne-t-on encore.