Pour Jean-Marie Le Guen, les propositions de Martine Aubry « ne sont pas nouvelles »

PARTI SOCIALISTE Dans un entretien au Monde, le secrétaire d’Etat aux relations avec le Parlement revient sur le retour politique de Martine Aubry…

20 Minutes avec AFP

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Jean-Marie Le Guen à son arrivée le 27 août 2014 à l'Elysée pour le Conseil des ministres
Jean-Marie Le Guen à son arrivée le 27 août 2014 à l'Elysée pour le Conseil des ministres — Bertrand Guay AFP

Les propositions de Martine Aubry, la maire de Lille qui a effectué son retour politique le week-end dernier, «ne sont pas nouvelles», a estimé le secrétaire d'État aux relations avec le Parlement, Jean-Marie Le Guen, selon lequel il n'y a pas de «demande massive de gauche de la gauche dans la société française».

«Sur le fond, ses propositions ne sont pas nouvelles et ne sont pas de nature à changer fondamentalement la donne en matière d'emploi ou d'industrie», commente le secrétaire d'État dans un entretien au Monde daté de mercredi.

«Je ne comprends pas le moment choisi»

«Au regard des signataires de sa contribution pour les États généraux (du PS), poursuit-il, on peut s'interroger pour savoir s'il s'agit d'une posture de congrès» du parti socialiste.

Jean-Marie Le Guen se veut au passage légèrement badin: «Sur la forme, je suggère que, collectivement, nous pratiquions dans nos débats la société de bienveillance que Martine Aubry appelle de ses voeux». «Je ne comprends pas le moment choisi, ajoute-t-il plus sérieusement. S'il s'agit de remettre en cause le pacte de responsabilité et le CICE, ce n'est plus d'actualité». «Les grandes orientations ont été fixées et donneront des résultats, j'en suis convaincu, si nous maintenons le cap», poursuit le secrétaire d'État.

Sûr d’avoir une majorité pour voter les réformes

Jean-Marie Le Guen se déclare d'autre part serein sur le maintien d'une majorité pour voter les réformes.

«Plus de 80% du groupe socialiste vote systématiquement aux côtés du gouvernement (...) On nous promet tous les quinze jours qu'il n'y aura pas de majorité, et à chaque fois, il y a une majorité de gauche».

Le secrétaire d'État considère aussi qu'un « rassemblement est possible » entre le «Pôle des réformateurs», dont il fait partie, et les «frondeurs», «à condition qu'on ait l'honnêteté d'aller au fond des choses et de ne pas être simplement dans des postures».

«Le vieux logiciel socialiste n’attire plus»

«Je ne vois pas de demande massive de gauche de la gauche dans la société française», poursuit-il. Selon lui, «l'incapacité de la gauche à porter un projet de société moderne pousse les Français à se tourner vers la droite et, pire, vers le FN. Soyons honnêtes, le vieux logiciel socialiste n'attire plus».

Jean-Marie Le Guen s'explique enfin sur les aspirations du « Pôle des réformateurs », assurant que «rien ne nous est plus étranger que» le social-libéralisme. «Le socialisme français ne peut se réduire à la social-démocratie allemande ni au blairisme. Nous sommes pour un État stratège, régulateur».