Enquête pour corruption et fraude fiscale : Patrick Balkany à son tour entendu

JUSTICE Le député-maire de Levallois-Perret est auditionné cet après-midi dans l’enquête pour fraude fiscale et corruption dans laquelle son épouse est déjà mise en examen…

Fabrice Pouliquen

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Isabelle Balkany et son mari, le maire de Levallois Patrick Balkany, en 2011 à Nanterre.
Isabelle Balkany et son mari, le maire de Levallois Patrick Balkany, en 2011 à Nanterre. — STEVENS FREDERIC/SIPA

Patrick Balkany, le député-maire UMP de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) est arrivé mardi au pôle financier de Paris pour être entendu dans une enquête pour «fraude fiscale» et «corruption», où son épouse est déjà mise en examen.

Accompagné de son avocat, il n'a fait aucune déclaration à son arrivée, peu avant 14h. Il devait selon une source proche du dossier être entendu par les juges Renaud van Ruymbeke et Patricia Simon, qui pourraient décider de sa mise en examen.

Une enquête élargie à des faits de corruption

Dans le cadre de cette information judiciaire, les deux magistrats du pôle financier du tribunal de grande instance de Paris avaient mis en examen fin mai Isabelle Balkany pour «blanchiment de fraude fiscale».

La première adjointe de Levallois s'était également vue imposer une caution d'1 million d'euros, qu'elle a contestée sans succès devant la cour d'appel avant de la payer.

En juillet, à la suite d'un signalement de Tracfin, la cellule anti-blanchiment du ministère des Finances, le parquet national financier avait élargi l'enquête à des faits présumés de corruption. Selon une source proche du dossier, les juges avaient lancé une commission rogatoire internationale à Singapour.

Deux villas dans le collimateur

Dans le volet fiscal, les juges enquêtent notamment sur les véritables propriétaires de deux villas où réside régulièrement le couple Balkany et d'éventuelles dissimulations au fisc.

Concernant l'une de ses deux villas, à Saint-Martin aux Antilles, Isabelle Balkany a admis devant les enquêteurs qu'elle en était propriétaire depuis 1997 et qu'elle était « l'ultime ayant-droit de la société » propriétaire du bien. Son avocat a déclaré qu'elle avait été acquise avec des « fonds parfaitement licites » mais qu'elle n'avait « pas été régulièrement déclarée » et que l'« ISF n'a pas été réglé ». Les enquêteurs soupçonnent aussi le couple d'être le véritable propriétaire de l'autre villa, à Marrakech.

Dans le cadre de l'enquête, le cabinet d'avocats dont Nicolas Sarkozy est un associé a été perquisitionné le 21 mai. Le couple Balkany est très proche de l'ancien chef de l'État. Ancien directeur de cabinet du maire de Levallois-Perret, Jean-Pierre Aubry est également mis en examen dans ce dossier.