Un proche de Valls évoque l'impératrice chinoise Cixi pour parler de Martine Aubry

PARTI SOCIALISTE La maire de Lille est sortie de sa relative réserve pour critiquer une politique gouvernementale menée «au détriment de la croissance». Ce qui a fait réagir...

M.B. avec AFP

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Martine Aubry lors de sa conférence de presse de rentrée à Lille, vendredi 3 octobre.
Martine Aubry lors de sa conférence de presse de rentrée à Lille, vendredi 3 octobre. — M.Libert/20 Minutes

«En apparence absente» mais «en permanence à la manœuvre». Le président (PS) de la commission des Lois de l'Assemblée, Jean-Jacques Urvoas, narre sur son blog les manœuvres de l'impératrice Cixi au début du XXe siècle en Chine, visant sans la nommer Martine Aubry.

«Etonnante histoire que celle de l'impératrice Cixi»: «Alors que le pouvoir exercé par son fils l'Empereur Tongzhi était fragile, elle s'appuya sur quelques princes pour défaire le comité de régence chargé de gouverner la Chine», raconte ce proche de Manuel Valls dans un billet intitulé «Elle gouvernait derrière le rideau», publié dimanche.

«Stratège et dotée d'une véritable capacité d'anticipation, elle parvint ainsi à force de manœuvres à concentrer entre ses mains la réalité du pouvoir (...) Assise derrière un rideau de soie jaune - couleur impériale - mais suffisamment opaque pour être dissimulée aux yeux des observateurs, elle dictait les réponses et rédigeait les ordres qui ensuite devenaient ceux du trône», poursuit cet élu du Finistère.

«Pendant de nombreuses années, elle fut ainsi au coeur du pouvoir. Agissante mais invisible. Déterminée mais muette. Mais c'était il y a un siècle dans l'Empire du Milieu», conclut le député, alors que la maire de Lille est sortie de sa relative réserve pour critiquer une politique gouvernementale menée «au détriment de la croissance».

>> Martine Aubry, un retour dans l'arène politique en cinq temps

Les «arrière-pensées» de Martine Aubry

Interrogé sur les motivations politiques de Martine Aubry, le ministre des Finances, Michel Sapin, a refusé lundi de commenter sur France Info des «arrière-pensées» de Martine Aubry. «Comment voulez-vous que je commente des arrière-pensées? Je ne commente que des pensées». Le ministre des Finances a par ailleurs abondé dans le sens du président François Hollande, qui a fait savoir que les grandes orientations de politique économique seraient maintenues. Le cap c'est celui-là, appuyer les entreprises, diminuer la dépense publique, on ne changera pas», a dit Michel Sapin.


Vignette poids-lourds : Sapin retoque Royal par FranceInfo

«Est-ce que c'est à mi-mandat qu'on change de cap? On n'aurait que des inconvénients: ni les avantages de la politique que nous menons (...), ni les avantages d'une autre politique parce qu'elle n'aurait pas le temps de se mettre en place», a-t-il ajouté. Conclusion: «La seule solution aujourd'hui c'est de réussir la politique qui est menée et il serait bon que chacun apporte sa pierre».

Pas une opposante à Hollande

De là à voir Martine Aubry comme une opposante à François Hollande, Bruno le Roux, chef de file des députés PS, s'y refuse. Interrogé sur ce point par RTL, le député a répondu: «Je ne le pense pas. A l'Assemblée nationale, j'ai un certain nombre de députés - peu nombreux - qui contestent la politique mise en œuvre et je ne les considère pas comme des opposants. Ils «peuvent avoir un avis différent mais tant qu'ils sont dans le parti socialiste...», a encore observé l'élu de Seine-Saint-Denis.


"Martine Aubry n'est pas une opposante", estime... par rtl-fr

«Martine Aubry l'est, elle en est une des grandes dirigeantes, du PS. Quand on rentre dans le débat, c'est pour essayer d'en trouver la sortie, d'aller vers le rassemblement, l'unité, et je n'imagine pas que ce soit une autre position qu'ait aujourd'hui Martine Aubry», selon le proche du chef de l'Etat.