Allocations familiales modulées: Hidalgo souhaiterait «beaucoup plus de progressivité»... Une solution qui «n'a pas [l]a faveur» de Hamon...

RÉACTION Au lendemain de la décision du gouvernement, les réactions sont vives...

B.D. avec AFP
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Assemblée nationale, illustration.
Assemblée nationale, illustration. — LCHAM/SIPA

Au lendemain de la décision du gouvernement de moduler les allocations familiales en fonction des revenus, les réactions sont vives, à droite comme à gauche.

La maire de Paris, Anne Hidalgo, a ainsi expliqué ce vendredi matin sur France 2 que, vu les problèmes« de pouvoir d'achat» actuels, elle souhaiterait «beaucoup plus de progressivité». Elle a ajouté qu'elle aurait souhaité que les différents paliers prennent en compte à la fois les revenus du foyer et le nombre d'enfants.

«On affaiblit le consentement à l'impôt et à la solidarité»

L'ancien ministre et député des Yvelines, Benoît Hamon, avait lui carrément lancé sur BFMTV jeudi soir: «Cette solution là n'a pas ma faveur.» Il a martelé qu'il était «pour l'universalité des prestations familiales» car «si demain on ne réserve les droits et les prestations qu'aux familles les plus modestes et que l'on réclame l'impôt à tous, on affaiblit le consentement à l'impôt et à la solidarité».

Deux députés socialistes, Christian Paul et Fanélie Carrey-Conte, membres du collectif Vive la Gauche, ont récusé jeudi soir l'idée qu'il y ait eu «victoire politique» du groupe PS face à l'exécutif, dans un billet publié sur leurs blogs respectifs. Outre une réforme gouvernementale de la politique familiale «dans l'urgence et l'improvisation, et à partir de la seule porte d'entrée des économies , les élus ont aussi contesté sur le fond le choix de la modulation des allocations. 

«Effets de seuil»

«Certes, on va accroître le caractère redistributif, mais on va fixer des effets de seuil avec des familles de situations proches, qui ne percevront pas le même montant d'allocations familiales. Plus grave, le risque est réel de porter atteinte à l'adhésion de tous à l'État social, c'est une brèche ouverte pour l'affaiblissement des protections collectives, en premier lieu la Sécurité sociale», ont déclaré ces anciens membres de la commission des Affaires sociales, dont ils ont été évincés.

Ils se sont aussi redemandé «pourquoi serait-il inévitable de demander des efforts accrus aux Français au titre de la politique familiale?» « D'autres choix sont possibles, en réorientant par exemple les aides aux entreprises », disent les deux élus.