Modulation des allocations familiales: «Une mesure de justice» pour Valls, «un massacre» pour Jacob...

REACTIONS A partir de 2015, les foyers qui gagnent 6.000 euros par mois verront leurs allocations divisées par deux, au-delà de 8.000 euros divisées par quatre...

O. G.

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Illustration d'une famille.
Illustration d'une famille. — SIPA

Les députés PS vont déposer «en accord avec le gouvernement» un amendement au projet de budget 2015 de la Sécurité sociale proposant une modulation des allocations familiales, a confirmé ce jeudi la ministre des Affaires sociales Marisol Touraine. Une annonce qui fait beaucoup réagir la classe politique.

Le patron des députés UMP Christian Jacob a fait part de son indignation: «Je suis vent debout contre ce massacre de l'un des derniers piliers de solidarité. La politique familiale ne peut pas être une politique d'ajustement budgétaire. Avec la mise sous condition de ressources des allocations familiales, rien n'empêchera demain que les soins médicaux soient remboursés selon les revenus et que la retraite par répartition soit remise en cause.»

«Au moment où le gouvernement veut prélever 700 millions sur le dos des familles, il ferait mieux de s'attaquer à l'aide médicale d'État pour les clandestins qui explose (800 millions d'euros) ou mettre en place les trois jours de carence dans la fonction publique, ce qui rapporterait entre 700 et 800 millions d'euros», demande le député UMP de Seine-et-Marne.

Le numéro un de la CGT, Thierry Lepaon, a fustigé une modulation des allocations familiales en fonction des revenus, estimant que cette mesure était «contraire à l'esprit même de la Sécurité sociale». «C'est une remise en cause sans précédent de ce qu'on appelle l'universalité», a-t-il ajouté sur BFM Business.

«Il est indécent d'opposer à nouveau les Français entre eux. Et tout ça pourquoi? Parce qu'on n'a pas le courage dans ce pays de faire une réforme fiscale et donc on joue sur les prestations sociales», a-t-il estimé.

Benoît Hamon a exprimé ses réticences. «Cette solution-là n'a pas ma faveur (...) Je suis attaché à l'universalité des droits», a réagi l'ex-ministre PS Benoît Hamon sur BFM.

Pour Bruno Le Roux c’est «une réforme d'ampleur où il a fallu convaincre», affirmant avoir plaidé pour qu'«on ne demande pas le même effort à toutes les familles» et que les classes moyennes et modestes ne soient pas touchées. «C'est la réparation d'une inégalité de notre politique familiale», a aussi jugé l'élu PS de Seine-Saint-Denis dans un communiqué.

Marie-Françoise Clergeau, députée PS: Par cette modulation, «nous restons sur une universalité car toutes les familles continueront à toucher des allocations, mais c'est plus juste et c'est la meilleure solution dans le contexte actuel» d'économies, s'est félicitée la rapporteure (PS) pour la partie famille du budget de la Sécurité sociale, Marie-Françoise Clergeau.

Le Premier ministre Manuel Valls s'est félicité de la modulation des allocations familiales, «une mesure de justice», a annoncé Matignon jeudi soir. «Le Premier ministre se félicite (de cette mesure), à la fois pour la méthode, car c'est comme cela que l'on veut travailler avec le groupe socialiste et à la fois sur le fond, parce que cette mesure de modulation est une mesure de justice qui va concerner 13% des familles qui perçoivent des allocations familiales», a-t-on souligné de même source.

François Fondard, président de l'Unaf: «C'est impensable», a-t-il réagi. «Il y a moins d'un an, les engagements du président de la République étaient pourtant clairs: «Chaque famille doit avoir les mêmes droits pour les allocations familiales», a-t-il dit. Mettre sous conditions de ressources les allocations, c'est selon lui «porter atteinte aux familles nombreuses dont le pouvoir d'achat est déjà amoindri par la charge d'enfants». C'est aussi «ouvrir une brèche dans l'ensemble du système de protection sociale, d'abord les allocations familiales et bientôt les remboursements de santé». Il a également estimé que c'était «monter une usine à gaz coûteuse. La prise en compte des revenus dans le calcul des allocations compliquera et alourdira le travail des CAF».

Enfin, Marisol Touraine la ministre de la Santé a défendu ce prince de modulation des allocations familiales sur Twitter.