VIDEO. Quand Emmanuel Macron enflamme le débat politique

POLITIQUE La dernière sortie du ministre sur les pauvres et les autocars a déclenché une nouvelle polémique...

Thibaut Le Gal

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Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron lors d'une conférence de presse le 15 octobre 2014 à Bercy à Paris
Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron lors d'une conférence de presse le 15 octobre 2014 à Bercy à Paris — Eric Piermont AFP

Il est l’homme par qui vient la polémique. A chacune de ses sorties ou presque, Emmanuel Macron enflamme le débat politique. Dernière en date, mercredi. Le ministre de l’Economie présentait son projet de loi pour l’activité qui vise à «déverrouiller l’économie française». Les propositions s'égrènent, mais une phrase sur la création de lignes d’autocar détonne.

«Cette réforme [...] est bonne pour ceux qui ne peuvent pas se déplacer dans les transports en commun parce que le train est trop cher. Donc quand on me dit, "les pauvres voyageront en autocar", j'ai tendance à penser que c'est une caricature, mais les pauvres qui ne peuvent pas voyager voyageront plus facilement». Toutes les précautions sont prises par le ministre, mais la polémique est lancée.

Il ne se soucie pas de sa popularité

«Il y a une absence totale  de langue de bois dans son discours. Emmanuel Macron ne se soucie pas de sa popularité. Il est là pour appliquer la politique en laquelle il croit. Mais quand on a un tel portefeuille, on doit aussi prendre en compte la façon dont les propos qu’on tient vont être interprétés», prévient le politologue Thomas Guénolé.  

Emmanuel Macron avait déjà signé sa première intervention dans les médias d’une formulation malheureuse à l’égard des salariées des abattoirs Gad. «Il y a dans cette société une majorité de femmes. Il y en a qui sont, pour beaucoup, illettrées». Syndicats et classe politiques avaient dénoncé le mépris du peuple du jeune technocrate, obligé de s’excuser à l’Assemblée nationale.

Le banquier de chez Rothschild

Dimanche dernier, lors d’une interview au JDD, il contredisait cette fois...François Hollande, sur les allocations-chômage. Ses propositions libérales déclenchaient l’ire de la gauche. «Regardez comme ces gens sont ignobles! », s’agaçait Jean-Luc Mélenchon. «C'est un gouvernement de gauche en principe. Ils parlent de tabou, mais ce n'est pas un tabou, M. le banquier, c'est un acquis social!». Emmanuel Macron, une fois de plus, renvoyé à son statut d’ancien banquier d’affaire chez Rothschild.  

«Vouloir me réduire à un banquier,  je trouve ça minable. Ce n’est pas à la hauteur des enjeux», se défend-il ce jeudi sur France Inter. «On ne me reproche pas ce que je fais. On me reproche ce que je suis. Ça n'est pas l'idée que je me fais de la gauche [...] J’ai fait quatre ans dans ma vie de banque, j’ai été pendant près de huit ans fonctionnaire. Ça n’intéresse personne.»

Si l’argent n’a pas d’odeur, l’image de la banque, elle, lui collera toujours à la peau. «C’est une injustice car, il a pourtant choisi de lâcher son poste de banquier pour rejoindre le secrétariat de l’Elysée. Mais le symbole est trop fort, ça ne passe pas», développe Thomas Guénolé.

Et si le vrai souci d’Emmanuel Macron était sa ligne politique? «Certaines des propositions sociales libérales qui ont fait polémique correspondent simplement à sa conviction profonde», ajoute Thomas Guénolé. «Des mesures qui proviennent du rapport Attali dont lequel Macron était à l’époque rapporteur.»